
LES LUNDIS HONGROIS
Ciné-club

Quand l’Histoire enferme les vies, les sentiments ouvrent un passage.
Après István Szabó, les Lundis hongrois poursuivent leur exploration du cinéma magyar avec Károly Makk, l’un de ses cinéastes les plus libres et les plus sensibles.
À travers neuf films de Károly Makk et une œuvre emblématique de Péter Gothár, les Lundis hongrois explorent quarante années d’histoire hongroise vues du côté des amours, des souvenirs, des révoltes intimes et des libertés conquises.
Le cycle suit son œuvre depuis l’élan amoureux et théâtral de Liliomfi jusqu’à l’ironie politique du Dernier Manuscrit. Entre les deux apparaissent des paysages meurtris, des intellectuels confrontés à la bureaucratie, des femmes refusant la place que la société leur assigne, des êtres vieillissants qui continuent d’aimer et des couples séparés par le pouvoir.
La séance exceptionnelle de LE TEMPS SUSPENDU (Time Stands Still), de Péter Gothár, prolonge ce parcours en donnant la parole à une génération née après l’insurrection de 1956. Sous les apparences d’un récit d’adolescence, le film raconte le désir de liberté d’une jeunesse grandissant dans l’immobilisme de l’ère Kádár.
** KÁROLY MAKK
Figure majeure du cinéma hongrois d’après-guerre, Károly Makk a créé pendant près de soixante années sans se laisser enfermer dans un genre. Comédie romanesque, drame psychologique, chronique sociale, satire ou mélodrame politique : son cinéma change de forme, mais conserve une même attention aux êtres vulnérables, aux désirs contrariés et aux libertés menacées.
Chez Makk, l’Histoire entre dans les maisons, sépare les couples, transforme les relations et oblige chacun à inventer ses propres formes de résistance. Une lettre, un souvenir, un mensonge protecteur ou un amour interdit deviennent alors des manières de préserver sa dignité.
Il y a chez Károly Makk une élégance rare : celle d’un cinéaste qui laisse respirer, hésiter, désirer et se contredire ses personnages. Tous ses films racontent pourtant une même lutte : celle des êtres humains pour préserver un espace à eux lorsque la famille, la société ou le pouvoir voudraient décider de leur vie.
Depuis Liliomfi, son premier long métrage, Makk compose à chaque fois une œuvre à la fois vive, sensuelle, mélancolique et profondément humaine. Six de ses films ont été présentés en compétition au Festival de Cannes : Liliomfi, Amour, Jeux de chats, Une nuit très morale, Un autre regard et Le Dernier Manuscrit.
Ce cycle est une invitation à (re) découvrir un grand cinéaste européen, capable de faire naître l’émotion d’un regard, d’une lettre, d’un souvenir ou d’un mensonge raconté par amour. Chez Makk, les sentiments ne permettent pas toujours d’échapper à l’Histoire. Mais ils empêchent l’Histoire d’avoir le dernier mot.
Présentation des films ci-dessous

LILIOMFI de Károly Makk
— Lundi 5 octobre 2026
Aimer, jouer, se déguiser… et refuser le rôle que les autres ont écrit pour vous.
Une comédie romantique virevoltante dans laquelle Károly Makk transforme le théâtre, le travestissement et le malentendu en joyeuse déclaration de liberté.
🎬 Deux jeunes gens tombent amoureux sans savoir qu’ils sont précisément ceux que leurs familles souhaitaient unir.
Avec Iván Darvas, Marianne Krencsey, Samu Balázs, Margit Dajka, Sándor Pécsi, Éva Ruttkai, Imre Soós et Dezső Garas.
Avec Liliomfi, le cinéma hongrois semble soudain ouvrir toutes ses fenêtres. Tout y circule : les sentiments, les chansons, les acteurs, les couleurs et le plaisir du jeu.
Cette légèreté n’a rien de superficiel. Dans un monde où chacun devrait rester à sa place, Makk fait du théâtre une école de liberté. On se déguise pour mieux révéler qui l’on est, et l’amour devient la plus joyeuse des insubordinations.
📍 Premier long métrage de Károly Makk, Liliomfi impose d’emblée sa vivacité, sa fantaisie et son goût pour les personnages qui refusent les rôles qu’on voudrait leur imposer.
✨ Présenté en compétition au Festival de Cannes en 1955.
✨ Classé en 1985 parmi les meilleurs films hongrois des quarante années précédentes.
✨ Sélectionné en 2012 parmi les 53 grands films du cinéma hongrois par l’Académie hongroise des arts.

TIME STANDS STILL / MEGÁLL AZ IDŐ (1981) de Péter Gothár
Lundi 2 novembre 2026
* Séance exceptionnelle consacrée à Péter Gothár.
Ils veulent aimer, danser et partir. Mais autour d’eux, le temps semble s’être arrêté.
Un film générationnel électrique et mélancolique, quelque part entre chronique adolescente, mémoire familiale et radiographie d’un pays figé par les lendemains de 1956.
🎬 Dans la Hongrie des années 1960, deux frères grandissent dans l’ombre d’un père exilé et cherchent leur propre liberté entre amour, rock’n’roll et compromissions politiques.
Avec István Znamenák, Anikó Iván, Henrik Pauer, Sándor Sőth, Ági Kakassy, Pál Hetényi et Lajos Őze.
🎥 Récompenses :
✨ Prix de la Jeunesse, catégorie film étranger, au Festival de Cannes en 1982.
✨ Sélectionné au Festival de San Sebastián en 1982.
✨ Considéré par le National Film Institute comme l’un des films cultes les plus marquants du cinéma hongrois.
À voir et revoir, parceque :
* Time Stands Still est l’un des grands films européens sur l’adolescence : drôle, cruel, sensuel, insolent et profondément désenchanté.
* Péter Gothár montre comment une dictature agit jusque dans les détails les plus ordinaires : une inscription universitaire, une conversation avec un professeur, un projet de voyage ou une histoire d’amour.
* La photographie de Lajos Koltai et la musique occidentale donnent au film une énergie visuelle et sonore qui n’a rien perdu de sa modernité.
📍 Les adolescents de Time Stands Still ne font pas la révolution. Ils cherchent à respirer, à aimer et à imaginer une vie différente de celle des adultes. Mais dans une société où chacun a appris à se taire ou à s’adapter, ces désirs deviennent déjà des actes de résistance.
Péter Gothár filme cette jeunesse avec une tendresse sans nostalgie. Le monde est séduisant, drôle, parfois euphorique ; pourtant, derrière chaque chanson et chaque regard demeure une question : comment devenir soi-même dans un pays qui a décidé que plus rien ne devait changer ?

LA MAISON AU PIED DU ROC / HÁZ A SZIKLÁK ALATT (1958) de Károly Makk
- Lundi 9 novembre 2026
Sous le roc, trois êtres enfermés ensemble. Au-dessus d’eux, aucune échappée.
🎬 De retour de captivité, un homme tente de reconstruire sa vie dans une maison où le désir, la jalousie et les blessures du passé conduisent inexorablement au drame.
Avec János Görbe, Irén Psota, Margit Bara, József Bihari, Viola Orbán et Sándor Deák.
Quatre ans après les couleurs éclatantes de Liliomfi, Károly Makk retrouve les mêmes paysages du Balaton et les prive presque entièrement de lumière. Le décor qui invitait autrefois à la liberté devient un territoire fermé, minéral, menaçant.
🎥 Récompenses et distinctions
✨ Premier prix au Festival de San Francisco.
✨ Choisi en 1968 pour faire partie des « Douze de Budapest », sélection des grands films de l’histoire du cinéma hongrois.
✨ Aujourd’hui considéré comme un précurseur majeur de la Nouvelle Vague hongroise.
Makk ne distribue ni innocence ni culpabilité. Il observe trois êtres que la guerre, la solitude et le désir ont rendus incapables de vivre ensemble — mais également incapables de se séparer. Une tragédie sèche et implacable.
📍 À voir / revoir pour Irén Psota, bouleversante dans un rôle où l’amour, la frustration et la violence deviennent indissociables. Et aussi pour découvrir un film qui, dès 1958, rompt avec les personnages exemplaires et l’optimisme obligatoire du cinéma officiel.

LES OBSÉDÉS / MEGSZÁLLOTTAK (1961) de Károly Makk
- Lundi 7 décembre 2026
Pour faire jaillir l’eau, il faut parfois commencer par désobéir.
Un récit d’action et d’amitié qui détourne les codes du cinéma de l'époque pour célébrer l’initiative individuelle face à une bureaucratie paralysante.
🎬 Un hydrologue désabusé et le directeur d’une exploitation agricole décident de forer clandestinement un puits, malgré l’opposition de leur hiérarchie.
Makk transforme un sujet apparemment technique — le forage d’un puits — en aventure humaine, politique et presque physique.
Avec György Pálos, Ádám Szirtes, Éva Pap, Zoltán Makláry, Tibor Molnár et Lajos Básti.
🎥 Le National Film Institute le considère comme l’une des œuvres ayant ouvert la voie à la Nouvelle Vague hongroise
📍 Ils sont « obsédés » parce qu’ils refusent d’accepter que l’impossible ait été décidé dans un bureau. Leur forage devient moins une question d’eau qu’une manière de retrouver le goût d’agir.
Makk filme admirablement cette énergie qui passe d’un homme à l’autre. Sous les apparences d’un film de production socialiste, Les Obsédés raconte déjà le conflit entre les individus qui veulent transformer le réel et un système qui préfère que rien ne bouge.

PARADIS PERDU / ELVESZETT PARADICSOM (1962) de Károly Makk
- Lundi 4 janvier 2027
Peut-on recommencer à vivre lorsque l’on ne peut plus revenir en arrière ?
Un drame moral dépouillé dans lequel le paysage hivernal du Balaton devient le miroir d’une conscience dévastée.
🎬 Après la mort d’une femme au cours d’une intervention clandestine, un chirurgien se réfugie chez son père et doit affronter les conséquences de son acte.
Il n’y a plus ici de course, de foule ni de quiproquo. Le monde paraît avoir cessé de bouger autour d’un homme qui ne sait plus comment habiter sa propre vie.
Avec György Pálos, Mari Törőcsik et Antal Páger.
🎥 Adapté de la pièce d’Imre Sarkadi, le film a fait l’objet d’une restauration présentée en 2025 lors du Budapest Classics Film Marathon, dans le cadre du centenaire de Károly Makk.
📍 Makk ne cherche ni à excuser ni à condamner. Il laisse le silence, les visages et le paysage poser la question essentielle : lorsqu’une faute ne peut être réparée, reste-t-il malgré tout une possibilité de vivre autrement ?

AMOUR / SZERELEM (1970) de Károly Makk
- Lundi 1er février 2027
Elle lui ment pour la protéger. Et dans ce mensonge, tout leur amour devient vrai.
Un chef-d’œuvre intime et politique où les lettres, les souvenirs et les mensonges protecteurs résistent à la violence de la dictature.
🎬 Une jeune femme cache à sa belle-mère mourante que son fils est emprisonné et lui invente une vie glorieuse à l’étranger.
Avec Lili Darvas, Mari Törőcsik et Iván Darvas.
🎥 Récompenses
✨ Prix du Jury ex æquo au Festival de Cannes en 1971. Mention spéciale attribuée à Lili Darvas et Mari Törőcsik.
✨ Présenté en version restaurée 4K à Cannes Classics en 2016.
📍 Dans Amour, les mots sont fragiles, mais ils maintiennent les êtres en vie. On écrit des lettres qui ne viennent pas de celui qui les signe. On raconte des voyages qui n’ont jamais eu lieu. Pourtant, rien n’est faux dans l’amour qui traverse ces inventions.
Amour parle de la répression politique sans discours explicatif : le pouvoir se manifeste dans une chaise vide, un appartement surveillé, une porte qui tarde à s’ouvrir ou le bruit d’un véhicule dans la rue.
Makk filme la dictature depuis l’intérieur d’une chambre. À la brutalité du pouvoir, il oppose les gestes les plus simples : préparer un repas, tenir une main, raconter une histoire. Rarement le cinéma aura montré avec autant de délicatesse que protéger quelqu’un peut aussi signifier lui offrir une autre réalité.

JEUX DE CHATS / MACSKAJÁTÉK (1974) de Károly Makk
- Lundi 1er mars 2027
Il n’y a pas d’âge pour aimer. Ni pour être jalouse
Un mélodrame libre, tendre et cruel qui refuse de considérer l’amour, le désir et la jalousie comme des privilèges de la jeunesse.
🎬 Une vieille professeure de musique voit sa vie bouleversée lorsqu’une amie semble vouloir lui ravir l’homme qu’elle aime depuis toujours.
Avec Margit Dajka, Elma Bulla, Samu Balázs, Margit Makay, Ildikó Piros et Mari Törőcsik.
🎥 Récompenses et festivals :
✨ Présenté en compétition au Festival de Cannes en 1974.
✨ Nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1975.
Pourquoi voir et revoir ce film ?
✧ Parce que Makk filme une femme âgée comme le cinéma filme habituellement une jeune héroïne amoureuse : avec toute la force, le ridicule, la beauté et la violence de sa passion.
✧ Pour Margit Dajka, dont l’interprétation ne cherche jamais à rendre son personnage raisonnable ou digne : elle lui accorde le droit d’être excessive, jalouse, drôle et bouleversante.
István Örkény avait d’abord écrit Jeux de chats comme scénario pour Károly Makk. Interdit de publication après 1956, il en fit un roman puis une pièce de théâtre. Makk ne put porter l’histoire à l’écran qu’une dizaine d’années plus tard.
📍 Le cinéma parle volontiers des premières amours. Károly Makk choisit de filmer une passion qui arrive au moment où, selon les autres, il ne devrait plus rien arriver.
Orbánné aime avec la même intensité qu’une adolescente. Jeux de chats lui rend ce que la société refuse souvent aux personnes âgées : le droit au désir, au désordre et à une vie intérieure infinie.

UNE NUIT TRÈS MORALE / EGY ERKÖLCSÖS ÉJSZAKA (1977) de Károly Makk
- Lundi 5 avril 202
Pour une nuit, les femmes que la société méprise vont lui donner une leçon de dignité.
Une comédie impressionniste, sensuelle et malicieuse dans laquelle un bordel se transforme en pension respectable et révèle l’hypocrisie des véritables notables.
🎬 Lorsque la mère d’un étudiant vient lui rendre visite dans la maison close où il réside, les pensionnaires décident de lui faire croire qu’elles sont de respectables jeunes filles.
Avec Irén Psota, Margit Makay, György Cserhalmi, Carla Romanelli et Györgyi Tarján.
🎥✨ Présenté en compétition au Festival de Cannes en 1978. Margit Makay fut récompensée par la critique hongroise pour son interprétation. Györgyi Tarján reçut également un prix pour son second rôle.
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
✧ Pour sa beauté visuelle : lumières filtrées, couleurs, tissus, miroirs et compositions évoquent autant la peinture impressionniste que l’Art nouveau.
✧ Pour la manière dont Makk renverse doucement les rôles. Les femmes officiellement jugées « immorales » se montrent capables de délicatesse, de solidarité et de générosité, tandis que les représentants de la respectabilité révèlent leur vulgarité.
✧ Pour Irén Psota et Margit Makay, toutes deux magnifiques.
📍 Le titre est évidemment ironique : la morale officielle appartient aux hommes qui jugent, réglementent et fréquentent secrètement la maison. La véritable moralité se trouve ailleurs, dans la solidarité de femmes qui, pour protéger une vieille mère, inventent un monde plus beau que celui qui les condamne.
Makk filme cette parenthèse avec une douceur presque enchantée. Pendant quelques heures, le jeu ne dissimule pas la vérité : il permet au contraire à chacune d’imaginer la vie qu’elle aurait pu avoir.

UN AUTRE REGARD / EGYMÁSRA NÉZVE (1982) de Károly Makk
- Lundi 3 mai 2027
Dans un pays qui surveille les mots et les corps, aimer devient un acte de vérité.
Un grand mélodrame politique où l’amour entre deux femmes se heurte simultanément au pouvoir, aux conventions sociales et à la peur.
🎬 Dans la Hongrie qui suit l’insurrection de 1956, une journaliste indépendante tombe amoureuse d’une collègue mariée à un officier des services de sécurité.
avec Jadwiga Jankowska-Cieślak, Grażyna Szapołowska, Jozef Króner, Gábor Reviczky, Ferenc Bács et Péter Andorai.
🎥 Récompenses et festivals.
✨ Prix d’interprétation féminine pour Jadwiga Jankowska-Cieślak au Festival de Cannes en 1982.
✨ Prix spécial de la Critique internationale FIPRESCI au Festival de Cannes.
✨ Présenté en compétition officielle pour la Palme d’or.
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
✧ Parce qu’il s’agit du premier film hongrois à représenter ouvertement et positivement une relation amoureuse entre deux femmes.
✧ Parce que Makk ne dissocie jamais l’intime du politique : le régime qui exige le mensonge dans les journaux est le même que celui qui impose le secret aux amants.
✧ Pour la force de Jadwiga Jankowska-Cieślak et la sensualité plus inquiète de Grażyna Szapołowska.
* Anecdote
Makk envisagea d’abord des actrices hongroises pour les deux rôles principaux, mais craignit qu’elles refusent de s’embrasser à l’écran. Il choisit finalement deux actrices polonaises. Selon le réalisateur, le pouvoir hongrois aurait ensuite empêché que le film soit proposé aux Oscars, en raison de son portrait particulièrement critique du régime.
📍 Éva ne sait pas vivre à moitié. Elle veut écrire ce qu’elle voit, nommer une révolution comme une révolution et aimer sans demander l’autorisation. C’est précisément ce qui la rend dangereuse aux yeux du pouvoir.
Un autre regard raconte - mais pas seulement - un amour interdit. Il montre comment une société autoritaire transforme le regard des autres en instrument de surveillance. Face à lui, le regard que les deux femmes posent l’une sur l’autre devient un espace de reconnaissance, de désir et de liberté.

LE DERNIER MANUSCRIT / AzZ UTOLSÓ KÉZIRAT (1987) de Károly Makk
- Lundi 7 juin 2027
Il est mort. Mais son dernier texte pourrait bien réveiller tous les vivants.
Une fable politique ironique et spectrale sur les intellectuels, leurs compromis et la peur qu’un manuscrit finisse par dire la vérité.
🎬 À la mort d’un écrivain célèbre, la rumeur de l’existence d’un journal secret affole ceux qui craignent d’y voir révélées leurs compromissions.
Avec Jozef Króner, Aleksander Bardini et Eszter Nagy-Kálózy.
🎥 Récompenses et festivals.
✨ Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 1987.
✨ Restauré par le National Film Institute et présenté lors du Budapest Classics Film Marathon en 2025.
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
✧ Pour découvrir le versant satirique et réflexif de Károly Makk.
✧ Parce que le film interroge la relation complexe entre les artistes et le pouvoir : faut-il parler, se taire, négocier, publier ou attendre que la vérité devienne moins dangereuse ?
✧ Pour sa manière d’introduire le fantastique et le grotesque au cœur d’un monde de funérailles officielles, d’académiciens et de secrets bien gardés.
📍 La mort de l’écrivain ne clôt rien. Elle libère au contraire une parole possible, et cette simple possibilité suffit à faire trembler tous ceux qui ont construit leur carrière sur le silence, l’arrangement ou l’oubli.
Avec humour et une certaine cruauté, Makk regarde sa propre génération d’intellectuels. Qui a résisté ? Qui s’est compromis ? Qui a préféré attendre ? Le manuscrit importe finalement moins que la peur qu’il inspire : la peur que quelqu’un, un jour, ait réellement tout écrit.