Festivals - Cycles - Retrospectives
Les FESTIVALS, CYCLES, RETROSPECTIVES de PATRIMOINE, et AVANT-PREMIERES au CHAMPO :
Au Champo, les festivals, cycles et rétrospectives font vivre le cinéma de patrimoine toute l’année.
(Re)découvrez, dans le cadre d’un cinéma classé au cœur du Quartier Latin, des œuvres incontournables et des films cultes soigneusement choisis par l’équipe du Champo, classiques restaurés, chefs-d’œuvre rares, et trésors à redécouvrir sur grand écran. Hommages à de grands auteurs, rétrospectives consacrées à un acteur ou à un cinéaste, cycles thématiques, focus sur un pays, panoramas de courts métrages…
Actuellement au Champo, et prochainement :
* Retrospective LE TEMPS de Claude SAUTET
- à partir du 11 mars au Champo
Revoir ces neuf films incontournables aujourd’hui, c’est retrouver un cinéma n’a jamais autant parlé de nous
* Cycle "BLONDES !",
Actuellement au Champo
13 Actrices Hollywoodiennes de Légende, et 21 FILMS mythiques, pour découvrir le cinéma de "Blondes" : COMÉDIE, AVENTURE, FILM NOIR, ROMANCE ... GLAMOUR
LA DAME DE SHANGHAI,
- à partir du 25 mars
de et avec Orson Welles et RIta Hayworth - métamorphosée en "Blonde Platine"
* PARK CHAN-WOOK (박찬욱): LES ESSENTIELS
- Actuellement au Champo.
De la frontière au vertige : vengeance, désir, jeu de dupes.
→ OLD BOY,
→ LADY VENGEANCE
Maître du New Korean Cinema, Park Chan-wook filme la vengeance comme un poison lent : précision de la mise en scène, humour noir, mélodrame et coups de théâtre. Cinq films-phares à (re)découvrir sur grand écran.
* DEPARDON PAYSANS
- Actuellement au Champo
Depardon, fils de cultivateurs, revient aux fermes françaises et filme au plus près paroles, gestes, solitude et transmission : avec Profils paysans, il capte le temps long d’un monde qui bascule, avec la force du réel. Pour un public parisien, c’est un dépaysement immédiat : des vies, un rythme différent, et des questions universelles — travail, fatigue, héritage — qui éclairent aussi ce qui nous relie aux territoires (et à nos assiettes). Une expérience collective rare : on regarde, on écoute, on en parle.
Venez (re)découvrir, dans le cadre d’un cinéma classé, les films incontournables et cultes soigneusement sélectionnés par Le Champo : des œuvres qui ont façonné l’histoire du 7ᵉ art et invitent, sur grand écran, à un dialogue vivant entre leur contexte historique et le regard d’aujourd’hui.
Informations sur les films ci-dessous
Semaine 11, du mercredi 11 au mardi 17 mars 2026

Semaine 12, du mercredi 18 au mardi 24 mars 2026

Retro LE TEMPS de Claude SAUTET
À partir du 11 mars, au Champo
Revoir ces films de Claude SAUTET aujourd’hui, c’est retrouver un cinéma qui n’a jamais autant parlé de nous.
Pourquoi les revoir maintenant ? Parce que Sautet filme ce qu’on vit tous : des liens qui tiennent, qui craquent, qui se renégocient. Pas de leçon, juste la vérité des gestes et des mots. C’est un cinéma qui touche juste. Sautet observe les rapports de force ordinaires (dans l’amour, l’amitié, le travail) avec une lucidité sans cynisme : personne n’est exemplaire, personne n’est condamné.
En 9 films, on traverse tout Sautet : l’urgence du polar (Classe tous risques), le choc intime (Les Choses de la vie), les pièges du désir (Max et les ferrailleurs) et le triangle amoureux (César et Rosalie), l’amitié adulte (Vincent, François, Paul et les autres) et la réparation fragile (Un mauvais fils), puis la comédie sociale à vif (Quelques jours avec moi) jusqu’aux œuvres plus nues, plus musicales, plus troublantes (Un cœur en hiver, Nelly et Mr. Arnaud). Une filmographie claire, cohérente, essentielle.
Pourquoi LE TEMPS ?
Chez Sautet, il y a le temps qui manque (l’urgence, la cavale, l’accident), le temps qui revient (les souvenirs, les regrets, les secondes chances), le temps qui use et qui soude (l’amitié, les couples), et le temps qui fige (les silences, la retenue, la peur de se livrer). Ses films racontent ce moment où l’on croit avoir “le temps” — puis où l’on comprend qu’un geste, une phrase, une rencontre a déjà décidé. Le quotidien devient suspense, et la vie, un montage de bifurcations.
Des Duos/Trios et des Acteurs Mythiques.
Cette rétrospective aligne une affiche rare: Ventura/Belmondo (amitié et urgence), Piccoli/Schneider (désir, trouble, vertige), Montand/Schneider (passion, jalousie, tendresse), Reggiani/Piccoli/Montand (l’amitié au long cours), puis le trio Auteuil/Dussollier/Béart (froid, musique, cruauté feutrée) et l’ultime duo Béart/Serrault (écriture, emprise, délicatesse). Autour d’eux : Léa Massari, Sami Frey, Depardieu, Darrieux, Bonnaire, Anglade, Dewaere… Des présences immenses, et aussi des visages qui ancrent ces histoires dans le réel.
Films par ordre chronologique :
CLASSE TOUS RISQUES (1959). Un polar tendu et fraternel, Une cavale contre la montre : quand le temps manque, il ne reste que l’honneur — et l’amour des siens. Un gangster traqué tente de rentrer en France avec sa famille ; le drame accélère tout et l’oblige à choisir, vite, qui peut encore être digne de confiance. À (re)voir pour le temps de l’urgence (un film qui file, qui serre), et le basculement Sautet : le polar devient déjà une histoire de liens, de fidélité, de père et d’ami. Lino Ventura père traqué, Jean-Paul Belmondo allié imprévu — la cavale la plus humaine de Sautet.
LES CHOSES DE LA VIE (1970). Le temps se brise en une seconde : une vie entière revient, et chaque “plus tard” devient trop tard. Un accident, une lettre, une vie entière qui remonte à la surface : le grand choc intime du cinéma français. Entre deux battements de conscience après un crash, un homme revoit sa vie, ses choix, et l’amour qui l’a déplacé. Le présent se fige, le passé insiste, et tout se joue dans l’infime. À (re)voir pour le temps intérieur (mémoire, regrets, lucidité) et le Sautet “signature” : le quotidien comme suspense émotionnel, porté par le couple Piccoli/Schneider et une BO devenue culte. (Film qui a été présenté au B.O. ciné-club au Champo). Sélection officielle de Cannes 1970 (en compétition) ; Prix Louis-Delluc 1969. Avec Michel Piccoli, Romy Schneider, Léa Massari.
MAX ET LES FERRAILLEURS (1971). Un plan “parfait” et le temps comme piège : plus on contrôle, plus on s’enferme. Un piège policier, un désir, une faute : quand la “stratégie” devient vertige. Un commissaire monte une opération pour faire tomber une petite bande, en utilisant une femme comme appât. Mais le plan dérape : chacun se croit maître du jeu… jusqu’au point de non-retour. À (re)voir pour le temps de l’engrenage : Sautet transforme l’attente en poison, et filme la morale sans tribunal — chacun se perd à son rythme, inexorablement. Un Sautet qui dissèque pouvoir, fantasme et culpabilité, avec la sensualité froide du duo Piccoli / Schneider
CÉSAR ET ROSALIE (1972). Le temps de l’amour n’est jamais linéaire : on revient, on hésite, on recommence — et ça fait mal. Le triangle amoureux le plus vivant : drôle, douloureux, lumineux — et terriblement vrai… Rosalie aime deux hommes que tout oppose : César, l’énergie brute, et David, l’élégance fiévreuse. Entre jalousie, tendresse et orgueil, le film invente une comédie sentimentale à fleur de peau. À (re)voir au Champo pour la modernité des relations, l’écriture des sentiments (sans morale), et le trio Montand / Schneider / Frey : trois manières d’aimer, et … aucune “bonne” réponse.
VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES (1974). L’amitié au long cours : le temps passe, les masques tombent, et l’on s’accroche les uns aux autres. Trois amis, leurs failles, leurs silences : la fraternité à l’épreuve du temps. Entre week-ends, dîners et coups durs, trois hommes approchent un âge où tout se réévalue : amour, travail, santé, fidélités. La vie continue — mais elle ne pardonne pas l’aveuglement. Le temps de la maturité. À (re)voir pour le film-choral “signature” : scènes de groupe incroyablement justes, humour qui protège, et cette mélancolie active propre à Sautet. Avec Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gérard Depardieu
UN MAUVAIS FILS (1980). Revenir dans le temps après la chute : se réparer, c’est apprendre à tenir, jour après jour. Revenir de loin, et tenter quand même : un film de réconciliation au bord du vide. Sorti d’une descente aux enfers, un homme retrouve son père et essaie de se reconstruire - travail, amour, dignité. Mais les anciennes failles reviennent vite quand la confiance n’est pas encore là. Le temps de la reconstruction. À (re)voir au Champo pour Patrick Dewaere à nu (bouleversant), et pour le regard de Sautet : tendre, concret, sans héroïsme, avec une force rare sur la fragilité masculine. Avec Patrick Dewaere, Yves Robert, Brigitte Fossey..
QUELQUES JOURS AVEC MOI (1988). Quelques jours peuvent suffire : le temps court d’une rencontre peut faire exploser une vie “bien rangée”. Une rencontre de classe qui dérange : l’amour comme test de vérité sociale. Héritier dépressif d’une chaîne de supermarchés, Martial débarque à Limoges pour “contrôler” — et bouscule tout. Il propose à Francine, domestique, de rester quelques jours avec lui : le pacte révèle les humiliations, les désirs, les rapports de force. Le temps de la rupture. À (re)voir pour le virage des années 80 chez Sautet : satire acide de la bourgeoisie, tendresse pour les humiliés, et Daniel Auteuil qui change de registre face à une Sandrine Bonnaire magnétique. Nominé aux César 1989. Avec Daniel Auteuil, Sandrine Bonnaire, Danielle Darrieux.
UN CŒUR EN HIVER (1992). Le temps du silence : quand on retient trop longtemps, la musique finit par dire la vérité à notre place. Le désir sans aveu : un trio, un violon, et la glace qui finit par brûler. Dans un atelier de lutherie, deux amis croisent une violoniste : l’un l’aime, l’autre la fascine par son retrait. La séduction devient un duel feutré où chacun se révèle lentement. Le temps qui gèle puis brule : Sautet filme l’émotion comme une température qui met du temps à monter jusqu’au moment où l’on comprend qu’il est trop tard. À (re)voir pour la précision chirurgicale des non-dits, l’atmosphère musicale (Ravel au cœur du récit), et le trio Auteuil / Béart / Dussollier d’une perfection troublante. Récompenses : Mostra de Venise 1992 – Lion d’argent (meilleur réalisateur) + Prix FIPRESCI ; César 1993 – Meilleur réalisateur + Meilleur second rôle (Dussollier).
NELLY ET MR. ARNAUD (1995)). Le temps de l’écriture : raconter sa vie, c’est la reprendre en main — et parfois se perdre dans l’autre. Un tête-à-tête vertigineux : l’intime comme terrain de pouvoir, d’écriture et de désir. Nelly, jeune femme étranglée par ses dettes, devient la secrétaire d’un ancien magistrat qui dicte ses mémoires. Entre eux, un lien se tisse — trouble, protecteur, dangereux — tandis que le mari de Nelly rôde, manipulateur. Le temps du bilan. Film à (re)voir : Dernier Sautet, film-bilan, d’une élégance folle, où l’écriture (dicter, écouter, reformuler) devient l’arène des sentiments. Et Serrault et Béart: duo inoubliable. Récompenses (grands prix/sélections): Prix Louis-Delluc 1995; César 1996 – Meilleur réalisateur (Sautet) et Meilleur acteur (Serrault) ; nomination BAFTA (film en langue non-anglaise). Avec : Emmanuelle Béart, Michel Serrault, Jean-Hugues Anglade.
BLONDES !
LE MYTHE DE LA BLONDE AU CINÉMA
Entre 1930 et 1960, Hollywood perfectionne le star-system, qui fabrique des visages immédiatement lisibles. Les studios créent et promeuvent des “profils de star” (nom, image, style, récit public) pour que, dès la première apparition, le spectateur identifie une promesse : comédie, romance, danger, mystère. Ainsi, la blonde devient une signature visuelle idéale : elle accroche l’œil, fixe une attente, et permet au film de jouer — parfois cruellement — avec cette attente.
Et c’est là que naît le mythe : la blonde comme figure à plusieurs visages, codée par le cinéma classique. On distingue notamment la blonde “glacée” (élégante, mystérieuse — souvent associée à l’univers hitchcockien), la blonde “sex-symbol devenu icone” (star-phénomène, sensualité explosive), et la blonde “caricaturée” (cliché comique que le cinéma peut exploiter... avant de révéler qu’elle mène le jeu). Les actrices (jusqu’à Rita Hayworth, métamorphosée en blonde platine dans La Dame de Shanghaï) s’emparent de cette lumière pour en faire un véritable masque narratif : beauté comme leurre, glamour comme piège.
Autrement dit, une question derrière la couleur, dans ce cycle BLONDES ! : Qui manipule qui ?
LES BLONDES et films projetés
Greta GARBO
- LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTHIER — Camille (1936)
Jean ARTHUR
- VOUS NE L’EMPORTEREZ PAS AVEC VOUS - You Can’t Take It with You (1938)
- SEULS LES ANGES ONT DES AILES — Only Angels Have Wings (1939)
Joan FONTAINE
- REBECCA — Rebecca (1940)
Barbara STANWYCK
- BOULE DE FEU — Ball of Fire (1941)
- ASSURANCE SUR LA MORT — Double Indemnity (1944)
Veronica LAKE
- LES VOYAGES DE SULLIVAN — Sullivan’s Travels (1941)
Carole LOMBARD
- TO BE OR NOT TO BE — To Be or Not to Be (1942)
Lauren BACALL
- LES PASSAGERS DE LA NUIT — Dark Passage (1947)
Bette DAVIS
- EVE — All About Eve (1950)
Lana TURNER
- LES ENSORCELÉS — The Bad and the Beautiful (1952)
Grace KELLY
- LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS — High Noon (1952)
- FENÊTRE SUR COUR — Rear Window (1954)
Marlene DIETRICH
- L’ANGE DES MAUDITS — Rancho Notorious (1952)
Marilyn MONROE
- NIAGARA — Niagara (1953)
- CERTAINS L’AIMENT CHAUD — Some Like It Hot (1959)
Tippi HEDREN
- PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE — Marnie (1964)
LES FILMS
LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTHIER — George Cukor (1936). Garbo transforme le mélodrame en émotion pure. Une courtisane parisienne s’éprend d’un jeune homme, mais l’amour se heurte aux conventions et au sacrifice. Avec Greta Garbo, Robert Taylor, Lionel Barrymore.
VOUS NE L’EMPORTEREZ PAS AVEC VOUS — Frank Capra (1938). Quand l’argent frappe à la porte, la fantaisie répond. Une utopie domestique, drôle, tendre, contagieuse. Deux familles que tout oppose (excentriques heureux vs industriels puissants) se heurtent... à cause d’un amour. Oscars : Meilleur film + Meilleur réalisateur. Avec Jean Arthur, James Stewart, Lionel Barrymore.
SEULS LES ANGES ONT DES AILES — Howard Hawks (1939). L’amour au bord du vide. Dans un port d’Amérique du Sud, des pilotes risquent leur vie pour transporter le courrier à travers des conditions extrêmes, pendant qu’une femme bouleverse l’équilibre du groupe. Rita Hayworth révélée. Plusieurs nominations aux Oscars. Avec Jean Arthur, Cary Grant, Rita Hayworth.
REBECCA — Alfred Hitchcock (1940). Un conte noir : romance, menace, fantôme social, et une maison comme piège. Une jeune femme épouse un veuf riche et arrive à Manderley, où le souvenir de Rebecca écrase tout. Oscars 1941 : Meilleur film et Meilleure photographie N&B. Avec Joan Fontaine, Laurence Olivier, Judith Anderson, George Sanders.
BOULE DE FEU — Howard Hawks (1941). Une “blonde” débarque, la langue explose. Des universitaires écrivent une encyclopédie ; une chanteuse recherchée se cache chez eux et devient leur dictionnaire vivant. Dialogue étincelant. 4 nominations aux Oscars (dont actrice, scénario). Avec Barbara Stanwyck, Gary Cooper.
LES VOYAGES DE SULLIVAN — Preston Sturges (1941). Il veut filmer la misère, Il découvre le besoin de rire. Une comédie qui finit par devenir une leçon de cinéma. Un réalisateur célèbre part sur les routes déguisé en vagabond pour “comprendre la vie réelle”. Avec Veronica Lake, Joel McCrea.
TO BE OR NOT TO BE — Ernst Lubitsch (1942). La résistance par le théâtre : mentir mieux que l’ennemi, rire contre la terreur avec une élégance folle. À Varsovie occupée, une troupe d’acteurs utilise déguisements et jeux de rôle pour tromper les nazis. Film devenu “classique” par sa modernité. Avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack.
ASSURANCE SUR LA MORT — Billy Wilder (1944). L’assurance-vie comme arme, la passion comme alibi. Le noir absolu : Le désir en forme de fatalité. Un assureur et une femme s’allient pour tuer le mari. . 7 nominations aux Oscars. Avec Barbara Stanwyck, Fred MacMurray.
LES PASSAGERS DE LA NUIT — Delmer Daves (1947). Un noir paranoïaque et inventif. Accusé à tort, un évadé tente de prouver son innocence, aidé par une femme qui croit en lui — au prix d’une métamorphose. Avec Lauren Bacall, Humphrey Bogart, Agnes Moorehead.
ÈVE — Joseph L. Mankiewicz (1950). Dans les coulisses, on s’aime, on se dévore, on se remplace. Le film définitif sur l’ambition, l’âge, et le pouvoir. Une jeune admiratrice s’infiltre dans la vie d’une grande actrice... jusqu’à prendre sa place, 14 nominations, 6 Oscars (dont film, réal, scénario, acteur second rôle). Avec Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Marilyn Monroe
LES ENSORCELÉS — Vincente Minnelli (1952). Hollywood : machine à rêves, machine à broyer. Un grand film sur le pouvoir — et le prix intime de la réussite. Un producteur génial mais destructeur laisse derrière lui une traînée d’amours, d’amitiés et de carrières brisées. 5 Oscars (6 nominations). Avec Lana Turner, Kirk Douglas, Gloria Grahame.
LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS — Fred Zinnemann (1952). Midi approche. La ville se tait. L’homme reste. Un western moral, tendu comme une corde, où la solitude fait loi. Un shérif sur le point de se marier apprend que des tueurs arrivent par le train de midi : il cherche du soutien, mais la lâcheté gagne la ville. Film multi-oscarisé. Avec Grace Kelly, Gary Cooper.
L’ANGE DES MAUDITS — Fritz Lang (1952). Western de vengeance... et opéra noir, avec une blonde qui règne sur un monde d’hommes. Un homme traque la bande responsable de la mort de sa fiancée et remonte jusqu’à un repaire de hors-la-loi, “Chuck-a-Luck”, dirigé par une femme fascinante et dangereuse. Acteurs : Marlene Dietrich, Arthur Kennedy, Mel Ferrer.
NIAGARA — Henry Hathaway (1953). Carte postale, lune de miel... et piège mortel. Un noir en Technicolor : Marilyn comme mirage dangereux. Un jeune couple croise un ménage toxique : jalousie, complot, bascule criminelle. Monroe devient icône. Avec Marilyn Monroe, Joseph Cotten, Jean Peters.
FENÊTRE SUR COUR — Alfred Hitchcock (1954). Le suspense comme mécanique du désir. Immobilisé, un photographe observe ses voisins par la fenêtre et croit assister à un meurtre. 4 nominations aux Oscars. Avec Grace Kelly, James Stewart, Thelma Ritter, Raymond Burr.
CERTAINS L’AIMENT CHAUD — Billy Wilder (1959). Une comédie au couteau Deux musiciens témoins d’un règlement de comptes fuient la mafia, déguisés en femmes et rejoignent un orchestre féminin... où tout dérape. Marilyn au sommet du magnétisme comique. Oscar costumes N&B ; Golden Globes (meilleure comédie, acteur, actrice). Avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon.
PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE — Alfred Hitchcock (1964). Elle ment pour survivre. Il aime pour comprendre. Une voleuse change d’identité ; un homme la démasque, l’épouse, et tente de percer le secret qui la détruit. Vertige psy + mise en scène glacée. Avec Tippi Hedren, Sean Connery,.

LA DAME DE SHANGHAI
Quand le glamour devient un masque, le film noir se change en labyrinthe — jusqu’au palais des miroirs.
Un noir baroque, halluciné, où Welles fait du mensonge une mise en scène et de l’image une arme. Un marin irlandais accepte de travailler sur le yacht d’un riche avocat et se rapproche de son épouse, Elsa. Très vite, la passion, l’argent et la jalousie composent un piège : manipulations, procès, faux-semblants… et une vérité qui se démultiplie.
À voir et revoir :
- Pour Rita Hayworth métamorphosée en blonde platine : la star devient personnage, et le personnage devient mystère.
- Pour la virtuosité visuelle et le final devenu mythique dans un hall of mirrors (grand écran indispensable).
- Parce que c’est le “film-miroir” : ici, le regard fabrique l’intrigue… puis s’y perd.
- Un film devenu classique : sélectionné en 2018 au National Film Registry (Library of Congress) pour sa valeur “culturelle, historique ou esthétique”.
Acteurs : Rita Hayworth, Orson Welles, Everett Sloane, Glenn Anders.
Park Chan-wook : Vengeance & Désir au Champo, à partir du 4 fevrier
De la frontière au vertige et à la liberté : Désir, Vengeance, Vertige, et mise en scène au scalpel.
Park Chan-wook : les essentiels — de JSA à la Trilogie de la vengeance + Mademoiselle + Decision to Leave.
Maître du New Korean Cinema, Park Chan-wook filme la vengeance comme un poison lent : précision de la mise en scène, humour noir, mélodrame et coups de théâtre. 6 films-phares à (re)découvrir au Champo.
JOINT SECURITY AREA (2000). À la frontière entre Corée du Nord et Corée du Sud, une fusillade éclate : une enquêtrice doit reconstituer la vérité que chacun refuse de dire. Dans la zone commune (JSA) de la DMZ, un incident armé fait basculer l’équilibre fragile entre les deux Corées. Le major Sophie E. Jean (armée suisse), officier du comité de supervision neutre est dépêchée pour interroger les soldats et démêler versions officielles, silences et contradictions — jusqu’à révéler ce que la frontière interdit. Un Park Chan-wook “matriciel” : suspense d’enquête, tension morale, et un regard très humain sur la frontière. Et parce que c’est aussi le film qui propulse sa carrière, avant la trilogie.
SYMPATHY FOR Mr. VENGEANCE (2002). Un kidnapping “pour de bonnes raisons” déraille, et déclenche une spirale de représailles impossible à arrêter. Ryu, ouvrier sourd-muet, cherche désespérément à financer une greffe de rein pour sa sœur. Après une arnaque au trafic d’organes, lui et sa compagne imaginent un enlèvement contre rançon… mais rien ne se passe comme prévu, et la vengeance change de camp à chaque étape. Acte I de la “Trilogie de la vengeance” : un film sec, frontal, tragique, où Park Chan-wook installe déjà sa grande idée — la vengeance n’est pas un exutoire, c’est une contagion. Sur grand écran, la mise en scène au scalpel (cadres, silences, chocs) prend toute sa force.
OLDBOY (2003). Après 15 ans de séquestration sans explication, un homme est relâché et n’a que quelques jours pour comprendre “pourquoi”. Oh Dae-su est enlevé, enfermé pendant quinze années, puis libéré aussi mystérieusement qu’il a été capturé. Aidé par Mi-do, il remonte la piste de son geôlier et d’un plan machiavélique où chaque réponse ouvre une question plus terrible. Film icônique : tension, audace narrative, virtuosité visuelle. Les ruptures de rythme et la montée du vertige se vivent physiquement. C’est aussi le cœur “pop” de la trilogie : un choc moral autant qu’un thriller. Film "coup de poing", Grand Prix à Cannes (2004)
LADY VENGEANCE (2005). Une femme sort de prison et prépare, avec une précision glacée, méthodique, sa revanche contre celui qui l’a brisée. Lee Geum-ja a purgé une peine pour un crime qu’elle n’a pas commis. Une fois libérée, elle retrouve ceux qu’elle a croisés derrière les barreaux et recompose patiemment le puzzle qui la ramène au véritable coupable — jusqu’à une confrontation qui met la justice elle-même en procès. Le volet le plus “choral” et le plus stylisé : baroque, ironique, traversé d’une question simple et terrible — que reste-t-il de nous après la vengeance ?
MADEMOISELLE (The Handmaiden) (2016). Une escroquerie soigneusement montée déraille et devient un jeu de dupes… avant de se muer en histoire de désir et d’émancipation. Dans la Corée sous occupation japonaise, Sook-hee, une jeune pickpocket est engagée comme servante d’une riche héritière recluse. Elle participe à un complot monté par un escroc pour dépouiller “Mademoiselle”… mais le plan se complique : secrets, renversements d’alliances, et sentiments inattendus font dérailler l’arnaque initiale. Park Chan-wook en mode “grand roman” : suspense, humour noir, sensualité, jeu de dupes, et retournements d’une précision diabolique. En salle, la mise en scène luxuriante (décors, mouvements, détail) est un régal — et le film dialogue parfaitement avec la trilogie : même obsession du contrôle, mais avec une énergie plus ludique et libératrice. Film sélectionné en compétition à Cannes.
DECISION TO LEAVE (2022). Un détective enquête sur une mort en montagne et tombe sous l’emprise trouble de la veuve, à la fois suspecte et fascinante. Hae-joon, policier à Busan, enquête sur la mort d’un homme retrouvé au pied d’une falaise. Il rencontre Seo-rae, l’épouse du défunt, dont l’attitude énigmatique brouille la frontière entre culpabilité et chagrin. À mesure que l’enquête avance, l’attirance du détective pour la suspecte dérègle son jugement — et le récit glisse du polar vers une romance noire. C’est Park Chan-wook en mode “mature” et hypnotique : un néo-noir romantique d’une précision folle, récompensé à Cannes (Prix de la mise en scène 2022).

DEPARDON PAYSAN
Depardon, fils de cultivateurs, revient aux fermes françaises pour filmer au plus près paroles, gestes, solitude et transmission : avec Profils paysans, et à ce que la modernité fait (ou défait) aux paysages et aux vies. La trilogie Profils paysans capte un monde en transformation, parfois en voie de disparition
Pour un public parisien, c’est un dépaysement immédiat sans quitter la ville : des vies et un rythme qu’on ne croise jamais ici, mais des questions universelles — travail, fatigue, héritage — qui éclairent aussi ce qui nous relie aux territoires (et à nos assiettes).
3 films, 7 ans, des visages et des terres : Depardon écoute la France rurale au moment où elle change de siècle.
L’APPROCHE — Raymond Depardon (2001). Depardon ouvre les portes de fermes de montagne : un cinéma de patience, de parole et de mémoire.
Avant l’an 2000, Depardon décide de filmer des exploitations familiales dans plusieurs régions (Lozère, Haute-Saône, Ardèche, Haute-Loire) : des intérieurs modestes, des visages, des habitudes, une parole parfois retenue — et tout ce qu’une vie de travail raconte sans l’expliquer.
LE QUOTIDIEN — Raymond Depardon (2005). On retrouve les mêmes agriculteurs 4 ans plus tard : transmission, fermes qui changent, modernité qui avance. la question n’est plus seulement de tenir, mais de transmettre (ou de voir disparaître)
LA VIE MODERNE — Raymond Depardon (2008). Dernier volet de Profils paysans : Depardon et Nougaret filment avec sérénité nos racines et l’avenir des gens de la terre. La Vie moderne atteint une forme de calme bouleversant : la modernité n’est pas un concept, c’est une vie qui se réorganise — ou s’éteint.
Ce troisième volet de la trilogie, a été présenté à Cannes – Un Certain Regard et Prix Louis-Delluc.





















