Festivals - Cycles - Retrospectives
Les FESTIVALS, CYCLES, RETROSPECTIVES de PATRIMOINE, et AVANT-PREMIERES au CHAMPO :
Au Champo, les festivals, cycles et rétrospectives font vivre le cinéma de patrimoine toute l’année.
Venez (re-)découvrir, dans le cadre d’un cinéma classé, au cœur du Quartier Latin, des films incontournables et cultes, soigneusement sélectionnées par l’équipe du Champo : Ces œuvres qui ont façonné l’histoire du 7ᵉ art invitent, sur grand écran, à un dialogue vivant entre leur contexte historique et le regard d’aujourd’hui : Classiques restaurés, Hommages à de grands auteurs, Rétrospectives consacrées à un acteur ou à un cinéaste, Cycles thématiques, Focus sur un pays, ou Panoramas de courts métrages, et aussi des avant-premieres.
Actuellement au Champo, et prochainement :
* REMPARTS D'ARGILE de Jean-Louis Bertuccelli. Aux confins du Sahara, un village se tait, une grève commence, une jeune femme s’éveille.
* LA RAGAZZA Di Bube de Luigi Comencini. Un grand portrait de femme porté par Claudia Cardinale, entre amour, attente et désillusions de l’Italie d’après-guerre.
* HAROLD LLYOD en 4 films : Harold Llyod, le génie comique du cinéma muet, de retour au Champo. Monte la-dessus, Vive le sport !, Le petit frère & En vitesse.
* GINZA COSMETICS de Mikio Naruse (1951). Une grande chronique de Mikio Naruse sur une mère célibataire dans le Tokyo d’après-guerre.
* LE GOÛT DES AUTRES, de Agnès Jaoui.
On croit avoir “du goût”… jusqu’à ce qu’on rencontre celui des autres... Une histoire de désir, de classe, de théâtre… et de surprises.
* DUNE de David Lynch. Le DUNE culte des années 80 revient en version restaurée 4K, à partir du 13 mai.
* L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI (The Man Who Would Be King) de John Huston (1975). Deux aventuriers, un royaume perdu, une ambition démesurée : John Huston signe l’un des grands films d’aventure du cinéma classique. Avec Sean Connery et Michael Caine.
À partir du 27 mai.
* JOHN HUSTON en 3 Films : AFRICAN QUEEN (1951), MOULIN ROUGE (1952), PLUS FORT QUE LE DIABLE (1953). Trois films, trois escales, un immense conteur. Des stars, des artistes, des escrocs, des bateaux et du panache : bienvenue dans le monde de John Huston. À partir du 2 juin.
* LE NÉO-RÉALISME selon DE SANTIS : RIZ AMER (1949) et PÂQUES SANGLANTES (1950), deux chef-d'oeuvre restaurés en version 4K. Sortie le 17 juin
* LAWRENCE D’ARABIE (Lawrence of Arabia) de David Lean, 1962. L’un des plus grands spectacles jamais conçus pour le cinéma; Dans l’immensité du désert, David Lean filme la naissance d’une légende — et le vertige d’un homme dépassé par son propre mythe. Prochainement
Venez (re)découvrir, dans le cadre du cinéma classé LE CHAMPO, des œuvres soigneusement sélectionnés par LE CHAMPO qui ont façonné l’histoire du 7ᵉ art et invitent, sur grand écran, à un dialogue vivant entre leur contexte historique et le regard d’aujourd’hui.
*** ci-dessous, les informations détaillées sur les films.
Semaine 19, du mercredi 6 au mardi 12 mai 2026

REMPARTS D'ARGILE de Jean-Louis Bertuccelli - 6 mai
Remparts d’argile, film rare, exigeant, patrimonial, parle d’émancipation, de travail, de domination sociale, de silence, de révolte — avec une forme très sobre.
Un film d’argile, de silence et de révolte : Dans un village aux confins du Sahara, Rima, jeune orpheline de 19 ans, s’éveille et cherche à s’émanciper tandis que les hommes du village se mettent en grève face à l’injustice sociale.
Synopsis : Dans un village reculé aux portes du désert, la vie semble figée dans la répétition des gestes quotidiens : les hommes cassent la pierre, les femmes tirent l’eau, tissent, moulent le grain. Parmi elles, Rima, rêve d’apprendre, de comprendre, de franchir l’horizon que le village semble lui assigner.
Lorsque les hommes cessent le travail pour protester contre des conditions injustes, tout l’équilibre du village se fissure. Entre attente, peur, solidarité et silence, la révolte collective rejoint l’éveil intime d’une jeune femme qui cherche sa place, sa voix, sa liberté.
À voir ou revoir au Champo ?
- Remparts d’argile est le premier long métrage de Jean-Louis Bertuccelli, connu aussi pour Docteur Françoise Gailland et plusieurs œuvres singulières pour le cinéma et la télévision.
- Pour la force de Rima.
- Pour sa beauté formelle du film - refus de l’exotisme, attention aux gestes, aux silences, aux sons du quotidien et à la matière du paysage — roche, argile, terre, sang.
- Plusieurs rencontres avec Julie Bertuccelli, réalisatrice

LA RAGAZZA DI BUBE de Luigi Comencini (1963, sortie française 1964)
Un visage, une promesse, une époque qui s’effondre : La Ragazza di Bube est l’un des plus beaux mélodrames politiques du cinéma italien, porté par une Claudia Cardinale inoubliable.
Avec La Ragazza di Bube, Luigi Comencini compose le portrait d’une jeune femme confrontée à l’Histoire, au temps, au désir d’une autre vie et à la fidélité qu’elle choisit malgré tout.
Dans le rôle de Mara, Claudia Cardinale donne au film sa lumière, sa sensualité, sa fragilité et sa tenue morale. Autour de Claudia Cardinale, extraordinaire de présence et de nuances, le film capte la vibration d’une Italie encore brûlante de guerre, déjà gagnée par les désillusions politiques et les compromis. Un grand film romanesque, intime et historique tout à la fois, où l’émotion naît moins des grands effets que de la vérité des êtres.
Le film est adapté du roman de Carlo Cassola, La photographie est signée Gianni Di Venanzo et la musique Carlo Rustichelli.
Acteurs principaux: Claudia Cardinale, George Chakiris, Marc Michel, Dany Paris, Monique Vita, Carla Calò, Emilio Esposito.

HAROLD LLOYD – Le génie comique du cinéma muet 22 avril au Champo
e génie comique du cinéma muet est de retour au Champo : quatre films, quatre sommets de burlesque, de vitesse, d’invention et de grâce signés Harold Lloyd.
Harold Lloyd est l’une des grandes figures du burlesque américain. Vedette immense du cinéma muet, il tourne plus de deux cents comédies en trente-quatre ans et devient, dans les années 1920, l’une des personnalités les plus populaires du cinéma américain. Son personnage à lunettes, plus moderne, plus urbain, plus nerveux que Chaplin ou le héros impassible de Keaton, fait entrer dans le gag le rythme de la ville, l’ascension sociale, le vertige et le danger.
Avec cette rétrospective en 4 films, le Champo remet en lumière un comique de précision et d’élan : Monte là-dessus(1923), Vive le sport ! (1925), Le Petit frère (1927) et En vitesse (1928). Tous en versions restaurées ; ils composent un passionnant portrait de l’Amérique des années 1920, entre modernisation urbaine, culte de la performance, essor de la classe moyenne et société du spectacle.
📍Monte là-dessus suit un jeune homme monté à Los Angeles pour faire fortune, qui se retrouve vendeur dans un grand magasin et finit, par un enchaînement de circonstances, à escalader lui-même la façade d’un immeuble. La fameuse image mythique de Harold Lloyd suspendu à une horloge géante est devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma.
📍Vive le sport ! met en scène un étudiant maladroit et enthousiaste qui, rêvant de gloire universitaire, s’imagine intégré à l’équipe de rugby de la fac alors qu’on l’utilise surtout comme cible de plaisanteries. Sorti en 1925, le film est présenté par Carlotta comme le plus grand succès de la carrière de Lloyd.
📍Le Petit frère raconte comment le benjamin d’une famille de notables, sous-estimé par tous, tente de laver l’honneur de son père, accusé à tort, en démasquant deux escrocs. Le film confirme la virtuosité de Lloyd : un comique mêlé d’émotion, de poursuite et d’inventivité physique.
📍En vitesse, dernier film muet de Harold Lloyd, suit un garçon instable mais débrouillard, passionné de baseball, qui prend la défense d’un vieux conducteur d’omnibus contre une compagnie décidée à le dépouiller. Le film vaut aussi comme un document précieux sur le New York de la fin des années 1920.
Revoir Harold Lloyd aujourd’hui, c’est retrouver une comédie fondée sur l’invention visuelle, le sens du rythme et l’audace physique. Britannica souligne qu’il fut le premier grand comique à faire du danger réel un ressort majeur du rire, et qu’il était réputé pour exécuter lui-même ses cascades. Sur grand écran, cette énergie reprend toute sa force : le burlesque redevient mouvement, espace, souffle et vertige.

GINZA COSMETICS — Mikio Naruse (1951)
Dans les lumières de Ginza, Mikio Naruse filme une femme qui tient debout envers et contre tout. Porté par l’immense Kinuyo Tanaka (actrice majeure chez Ozu et Mizoguchi), Ginza Cosmetics est une chronique à la fois délicate, lucide et bouleversante, entre réalisme social et mélancolie urbaine.
Ginza Cosmetics est une merveille discrète : Yukiko Tsuji travaille au Bel Ami, un petit club du quartier de Ginza, où elle reçoit les clients tout en essayant de subvenir aux besoins de son jeune fils, souvent livré à lui-même. Endettée, fragilisée par sa situation, elle voit son existence encore compliquée lorsque la patronne du bar envisage de vendre l’établissement. Entre pressions économiques, avances masculines et espoir d’une vie meilleure, Naruse suit quelques jours décisifs dans le parcours d’une femme seule, courageuse et profondément humaine.
Un des grands portraits de femme du cinéma japonais. Naruse capte avec une justesse remarquable la fatigue, la dignité, les compromis et les espoirs du quotidien. Ce film - présenté par Carlotta Films comme une étape charniere dans l'évolution de Naruse - annonce certains des futurs chefs-d’œuvre de Naruse consacrés aux destins féminins.
Acteurs principaux : Kinuyo Tanaka, Ranko Hanai, Kyōko Kagawa, Eijirō Yanagi, Eijirō Tōno, Yûji Hori.
Restauration 4K.

LE GOÛT DES AUTRES — Agnès Jaoui (2000)
On croit avoir “du goût”… jusqu’à ce qu’on rencontre celui des autres.
Castella, chef d’entreprise un peu rude, tombe sous le charme de Clara, actrice qui lui donne des cours d’anglais. Autour d’eux, amis, conjoint(e)s et proches se débattent entre mépris social, jalousies et désirs. Peu à peu, chacun se retrouve forcé d’écouter l’autre… et de se regarder en face
Premier long métrage d’Agnès Jaoui : le film a remporté 4 César et a été nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère
Avec: Jean-Pierre Bacri, Anne Alvaro, Alain Chabat, Agnès Jaoui, Gérard Lanvin (et ensemble chorale)

DUNE - 13 mai. — le film culte de David Lynch revient au cinéma en version 4K
Paul Atréides, les Fremen, les Harkonnen, l’Épice. La saga mythique de Frank Herbert dans l’adaptation la plus singulière du cinéma, au Champo.
Trahi par l’Empereur et les Harkonnen, Paul Atréides trouve refuge dans le désert d’Arrakis et devient le centre d’une prophétie capable de bouleverser l’univers.
La planète Arrakis, surnommée Dune, est le lieu le plus convoité de l’univers : elle produit l’Épice - substance précieuse qui prolonge la vie et rend possible le voyage interstellaire, ressource vitale pour l’équilibre politique, économique et mystique de la galaxie. Lorsque la maison Atréides est envoyée pour en prendre le contrôle, elle tombe dans un complot meurtrier orchestré par ses ennemis. Après la chute de sa maison, Paul Atréides s’enfonce dans le désert avec sa mère et rencontre les Fremen, peuple d’Arrakis. Peu à peu, le jeune héritier voit se dessiner une autre voie : celle d’un chef, d’un prophète, peut-être d’un mythe.
À voir et revoir, en version restaurée 4K, pour la collision fascinante entre l’imaginaire de Frank Herbert et celui de l’auteur d’Eraserhead, Elephant Man et Twin Peaks.
Le projet fut immense : Dino De Laurentiis voulait un grand film de science-fiction pour adultes, porté par un budget considérable pour l’époque. Le tournage eut lieu au Mexique, notamment aux studios Churubusco, avec une ambition plastique hors norme. Le résultat reste l’un des cas les plus fascinants du cinéma des années 80 : un film de studio traversé par des visions d’auteur, une superproduction qui apporte à l'imaginaire avec des costumes monumentaux, des décors massifs, une ambiance de rituel galactique, et une musique signée Toto avec une contribution de Brian Eno.

L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI - 27 mai
À la croisée de Kipling, du western colonial et de la fable morale, Huston transforme l’aventure en vertige : jusqu’où peut-on aller quand on se prend pour un roi ?
Deux anciens soldats britanniques partent chercher fortune dans une région reculée d’Asie centrale, où l’un d’eux est pris pour un dieu — avec toutes les conséquences que cela suppose.
Aux Indes, à la fin du XIXe siècle, Peachy Carnehan et Daniel Dravot, deux anciens sergents de l’armée britannique, vivent d’expédients, de combines et d’un goût très prononcé pour l’aventure. Leur projet : franchir les montagnes, atteindre le Kafiristan — territoire mythique où, dit-on, aucun Occidental n’a pénétré depuis Alexandre le Grand — et s’y faire rois.
Ce qui commence comme une entreprise folle, presque comique, devient peu à peu une grande épopée : batailles, alliances, faux-semblants, fascination du pouvoir. Mais chez John Huston, l’aventure n’est jamais innocente : derrière le panache, le film raconte aussi l’ivresse de la domination, la fragilité des mythes et la chute de ceux qui finissent par croire à leur propre légende.
Avec : Sean Connery : Daniel Dravot, Michael Caine : Peachy Carnehan, Christopher Plummer : Rudyard Kipling, Saeed Jaffrey : Billy Fish, Shakira Caine : Roxanne
Oscars 1976 — 4 nominations :
- Meilleur scénario adapté — John Huston, Gladys Hill
- Meilleurs décors — Alexandre Trauner, Tony Inglis, Peter James
- Meilleurs costumes — Edith Head
- Meilleur montage — Russell Lloyd
Golden Globes 1976 : nomination pour la meilleure musique originale — Maurice Jarre.
À voir et revoir AU CHAMPO
- Pour Sean Connery et Michael Caine, duo magnifique de complicité, de gouaille et de panache : deux acteurs au sommet, entre camaraderie virile, humour et grandeur tragique.
- Pour John Huston, cinéaste des chercheurs d’or, des aventuriers et des perdants magnifiques. Comme dans Le Trésor de la Sierra Madre ou African Queen, il filme des hommes emportés par leur rêve — puis rattrapés par ce qu’ils sont.
- Pour le grand écran, indispensable ici : paysages, armées, palais, montagnes, visages burinés, souffle romanesque… C’est un cinéma d’aventure ample, physique, fait pour être vu en salle.
- Pour sa profondeur sous le spectacle : le film peut se regarder comme une grande aventure, mais aussi comme une fable mordante sur l’orgueil impérial, le pouvoir et l’illusion de toute-puissance.

JOHN HUSTON en 3 films au CHAMPO - 2 juin
Escrocs en Italie, artistes à Montmartre, bateau fou en Afrique : avec John Huston, l’aventure commence souvent par une mauvaise idée — et finit en grand cinéma.
À partir du 2 juin, Le Champo consacre trois rendez-vous à John Huston, cinéaste des aventuriers, des artistes et des personnages magnifiquement imparfaits. De la comédie d’escrocs Plus fort que le diable à la fresque picturale Moulin Rouge, jusqu’au mythique African Queen avec Humphrey Bogart et Katharine Hepburn, trois films pour retrouver le goût du grand cinéma classique : vivant, drôle, élégant, et toujours prêt à larguer les amarres.
📍AFRICAN QUEEN (1951)
Pendant la Première Guerre mondiale, une missionnaire anglaise et un capitaine de bateau porté sur la bouteille s’embarquent dans une expédition improbable contre un navire ennemi.
Synopsis : En Afrique, pendant la Première Guerre mondiale, Rose Sayer, missionnaire rigoureuse et déterminée, rencontre Charlie Allnut, capitaine bourru d’un petit bateau nommé l’African Queen. Tout les oppose : l’éducation, les manières, la foi, le tempérament… et probablement l’idée même d’une conversation agréable. Mais les circonstances les poussent à descendre la rivière ensemble, avec un objectif aussi dangereux qu’insensé : attaquer un bâtiment ennemi. Entre rapides, boue, moustiques, disputes et courage inattendu, Huston transforme leur voyage en grande aventure romantique.
À voir et revoir au Champo, pour :
- Pour le duo mythique Humphrey Bogart / Katharine Hepburn, alliance explosive entre mauvaise humeur, élégance, courage et comédie.
- Pour l’équilibre parfait entre aventure, romance et humour : le film avance comme son bateau, parfois bringuebalant, mais toujours irrésistible.
- Pour Bogart, récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour ce rôle — le seul Oscar d’interprétation de sa carrière.
- Pour le grand écran : jungle, rivière, Technicolor, dangers naturels et visages de légende.
Acteurs principaux : Humphrey Bogart, Katharine Hepburn, Robert Morley, Peter Bull, Theodore Bikel.
Le film a obtenu 4 nominations aux Oscars : meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure réalisation et meilleur scénario.
📍 MOULIN ROUGE (1952)
Montmartre, les affiches, les danseuses, les nuits trop longues : John Huston entre au Moulin Rouge et peint le cinéma en couleurs vives.
Paris, 1890. Henri de Toulouse-Lautrec passe ses soirées au Moulin Rouge, où il observe, dessine et immortalise les danseuses, les chanteuses, les clients et les silhouettes de Montmartre. Derrière l’effervescence du cabaret, Huston raconte aussi la solitude d’un artiste blessé, son regard sur les êtres en marge, ses amours impossibles et sa manière de transformer la vie nocturne en œuvre d’art.
Acteurs principaux : José Ferrer, Zsa Zsa Gabor, Suzanne Flon, Colette Marchand, Claude Nollier, Christopher Lee, Peter Cushing.
📍PLUS FORT QUE LE DIABLE (1953)
Des aventuriers, des escrocs, de l’uranium, un bateau… et personne de vraiment fiable à bord.
Coincés dans un port italien avant de partir vers l’Afrique, une bande de personnages louches se disputent une promesse de fortune, entre mensonges, séduction et catastrophes très organisées.
Parmi eux : Billy Dannreuther, aventurier fauché mais élégant, son épouse Maria, des hommes d’affaires douteux, une Anglaise imaginative, et quelques individus dont il vaut mieux ne pas trop vérifier les intentions. Tous rêvent de mettre la main sur des terres supposées riches en uranium. Mais chez Huston, l’appât du gain attire surtout les faux-semblants, les alliances absurdes et les dialogues qui tirent plus vite que les revolvers.
À voir et à revoir au Champo, pour :
- Découvrir un Huston joueur, insolent, qui s’amuse avec les codes du film d’aventure.
- voir Humphrey Bogart dans un registre plus ironique, loin du héros droit dans son imperméable.
- le plaisir d’un casting jubilatoire : Jennifer Jones, Gina Lollobrigida, Robert Morley, Peter Lorre… tout le monde semble comploter, improviser ou mentir avec panache.
- son statut de curiosité culte : le BFI rappelle que Roger Ebert l’a décrit comme l’un des premiers films “camp”, une sorte de parodie malicieuse du noir et de l’aventure.
- le scénario signé John Huston et Truman Capote, d’après un roman de James Helvick, pseudonyme de Claud Cockburn.

LE NÉO-RÉALISME selon Giuseppe De Santis - 17 juin
Avec Riz amer et Pâques sanglantes, Le Champo met à l’honneur 2 grands films de Giuseppe De Santis, figure essentielle du néoréalisme italien. Chez lui, le réel devient récit populaire, drame social, mouvement collectif. Dans les rizières du Pô comme sous les oliviers de la Ciociaria, De Santis filme le travail, le désir, l’injustice et la lutte avec une intensité rare — un cinéma du peuple, sur grand écran.
Né dans l’Italie de l’après-guerre, le néoréalisme a profondément transformé le cinéma mondial. Face aux ruines du fascisme, à la pauvreté, au chômage et aux fractures sociales, des cinéastes comme Rossellini, De Sica, Visconti ou De Santis choisissent de regarder le monde en face : les rues, les campagnes, les ouvriers, les paysans, les femmes au travail, les enfants, les laissés-pour-compte. Le cinéma quitte les studios pour retrouver la vie — ses visages, ses gestes, ses colères, ses espoirs.
Mais le néoréalisme, plus qu'un cinéma “gris” ou simplement documentaire, est un cinéma profondément romanesque, bouleversant, parfois lyrique, où les grandes questions collectives passent par des destins intimes.
Chez De Santis, en particulier, le réel devient spectaculaire : la foule, les paysages, les corps au travail, les passions amoureuses et les conflits sociaux composent de véritables fresques populaires. Son cinéma a la force du témoignage, l’élan du mélodrame, du film noir, (on pourraity presque dire) du western social.
Riz amer et Pâques sanglantes sont des films vivants, des classiques à admirer.
📍 RIZ AMER, de Giuseppe De Santis — 1949
Dans les rizières du Pô, le néoréalisme rencontre le film noir : désir, travail, sensualité populaire, solidarité et trahison composent l’un des grands chocs du cinéma italien.
Pour échapper à la police après le vol d’un collier, un couple de malfaiteurs, Francesca et Walter, se mêle à des ouvrières agricoles parties travailler dans les rizières, où passions et rivalités vont tout faire basculer. Francesca se fait passer pour l’une des travailleuses, tandis que Walter reste dans l’ombre. Mais leur présence trouble l’équilibre du groupe, en particulier lorsqu’ils croisent Silvana, jeune ouvrière fascinée par Walter, et Marco, ancien soldat au regard lucide. Entre fatigue du travail, rêve d’ascension, désir, jalousie et solidarité, la chronique sociale devient peu à peu un drame incandescent.
Le film fut présenté en compétition au Festival de Cannes 1949, et a reçu une nomination aux Oscars, dans la catégorie Writing — Motion Picture Story, pour Giuseppe De Santis et Carlo Lizzani, lors de la 23e cérémonie des Academy Awards.
Avec Silvana Mangano (Silvana), Vittorio Gassman (Walter), Doris Dowling (Francesca), Raf Vallone (Marco)
📍 PÂQUES SANGLANTES (Non c’è pace tra gli ulivi - il n'y a pas de paix sous les oliviers), de Giuseppe De Santis — 1950
Sous les oliviers, la paix n’est qu’un mirage : De Santis transforme le retour d’un soldat en tragédie rurale, sociale et passionnelle.
De retour de la guerre, Francesco découvre que sa famille a été dépouillée de son troupeau par un riche voisin, Bonfiglio, qui tente aussi de s’emparer de la femme qu’il aime, Lucia, promise à Francesco. Dès lors, l’histoire intime devient affrontement social : un homme veut reprendre ce qui lui appartient, sauver son amour, laver l’humiliation familiale — mais autour de lui, la peur, les faux témoignages et la loi des puissants referment le piège.
Pâques sanglantes montre un autre visage de De Santis, avec un néoréalisme - tragédie rurale : un western social, avec des bergers, des montagnes, des rapports de domination, une communauté tétanisée par la peur — et l’idée que la justice ne peut naître que d’un réveil collectif.
Le Champo vous souhaite des bonnes séances cinéma.


