Festival PLAY-IT AGAIN

FESTIVAL PLAY-IT AGAIN ! — 12e ÉDITION. AU CHAMPO
PLAY IT AGAIN ! — CINQ CLASSIQUES RETROUVENT LE CHAMPO
Du 17 au 27 septembre 2026, le Festival Play It Again ! invite les spectateurs à redécouvrir les films du patrimoine dans les salles qui continuent à les faire vivre.
Le Champo présente cinq films de patrimoine restaurés, de Knock à Apocalypse Now. Trois des projections se prolongeront par des rencontres consacrées à Jacques Prévert, Louis Jouvet et Georges Lautner. Une manière de rappeler que le patrimoine cinématographique retrouve toute sa vitalité lorsqu’il est projeté, partagé et discuté.
Cette sélection du Champo permet de retrouver cinq formes très différentes du plaisir cinématographique : la légèreté d’une comédie parisienne, la puissance sensorielle d’une fresque épique, la poésie d’archives, l’intelligence d’une satire et la jubilation collective d’un film culte.
Acteurs principaux
Mylène Demongeot, Henri Vidal, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Martin Sheen, Marlon Brando, Harrison Ford, Robert Duvall, Louis Jouvet, Pierre Renoir, Jean Brochard, Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre et Claude Rich
📍 Jeudi 17 septembre à 19h30 : SOIS BELLE ET TAIS-TOI de Marc Allégret.
🎬 Une fugueuse intrépide et un jeune inspecteur se prennent mutuellement pour ce qu’ils ne sont pas dans une comédie policière menée à un rythme effréné.
📍 Vendredi 18 septembre à 21h : APOCALYPSE NOW FINAL CUT de Francis Ford Coppola.
🎬 Chargé d’éliminer un colonel devenu incontrôlable, le capitaine Willard remonte un fleuve qui le conduit au plus profond de la guerre et de la folie humaine.
📍 Samedi 19 septembre à 18h : PARIS LA BELLE de Pierre Prévert
** Projection suivie d’une rencontre avec Carole Aurouet, professeure des universités en études cinématographiques et audiovisuelles à l’Université Gustave Eiffel et spécialiste de l’œuvre de Jacques Prévert.
🎬 À trente ans de distance, les frères Prévert observent Paris changer et se demandent avec tendresse si la capitale était vraiment mieux autrefois.
📍 Vendredi 25 septembre à 20h30 : KNOCK de Guy Lefranc
** Présentation et discussion après le film avec Nicolas Billon, réalisateur de documentaires consacrés au cinéma, notamment coauteur d’un film sur la collaboration entre Marcel Carné et Jacques Prévert, et qui prépare actuellement un documentaire sur Louis Jouvet.
🎬 Arrivé dans un village dont les habitants se portent désespérément bien, un médecin entreprend de les convaincre qu’ils sont tous des malades qui s’ignorent.
📍 Dimanche 27 septembre à 18h30 : LES TONTONS FLINGUEURS de Georges Lautner
Présentation et discussion après le film avec Sylvain Perret, spécialiste de Georges Lautner et auteur de la biographie Georges Lautner, l’œil du professionnel, annoncée pour octobre 2026.
🎬 Un ancien truand chargé de veiller sur une jeune femme et un empire clandestin doit remettre de l’ordre parmi des associés particulièrement susceptibles.
Une succession encombrante déclenche une guerre de gangsters dont les mots font presque autant de dégâts que les silencieux.

LES TONTONS FLINGUEURS (1963) de Georges Lautner
Chez les tontons, on discute beaucoup. On finit généralement par se comprendre à coups de silencieux.
Une succession, quelques gangsters susceptibles et beaucoup de choses à régler avant le dessert...
La comédie policière culte qui a transformé une guerre de truands en sommet de l’humour français.
Une mécanique comique presque parfaite. Lautner ne cherche jamais à surligner l’effet : il laisse Ventura rester impassible pendant que Blier, Blanche et Lefebvre font exploser la situation autour de lui.
Le film a totalisé environ 3,3 millions d’entrées lors de son exploitation initiale. Son statut repose moins sur un palmarès de festival que sur son immense postérité populaire, portée par les dialogues de Michel Audiard, son casting et plusieurs scènes devenues emblématiques.
À voir et revoir, Parce que derrière les répliques célèbres se cache un film remarquablement construit : une parodie sèche du cinéma de gangsters, un rythme précis et un extraordinaire travail collectif d’acteurs.
et aussi pour le plaisir collectif d’une salle qui connaît souvent les phrases par cœur, et rit encore de leur rythme, de leur attente et de la façon dont les acteurs se les renvoient.

APOCALYPSE NOW FINAL CUT (1979/2019) de Francis Ford Coppola
Au bout du fleuve, un homme. Tout autour, la folie d’une guerre. La mission est militaire. Le voyage mène beaucoup plus loin.
Une odyssée guerrière, sensorielle et hallucinée dans laquelle Francis Ford Coppola transforme une mission militaire en descente au plus profond de la violence humaine.
Pendant la guerre du Viêt Nam, le capitaine Willard est chargé de remonter un fleuve jusqu’au Cambodge pour retrouver et éliminer le mystérieux colonel Kurtz.
Martin Sheen incarne Willard face à Marlon Brando, monumental et inquiétant dans le rôle de Kurtz. Autour d’eux, Robert Duvall, Denis Hopper, Laurence Fishburne et Harrison Ford composent une galerie de figures emportées dans le vertige du conflit.
Présenté au Festival de Cannes en 1979 alors qu’il était encore annoncé comme une œuvre en cours d’achèvement, Apocalypse Now a reçu la Palme d’or ex æquo et le Prix de la critique internationale FIPRESCI. Il a ensuite obtenu deux Oscars, pour la photographie de Vittorio Storaro et pour le son.
Avec Apocalypse Now, Coppola filme une guerre devenue spectacle, rituel et machine à dérégler les consciences. Chaque étape du voyage semble éloigner un peu plus Willard du monde rationnel : les hélicoptères attaquent sur Wagner, une fête surgit au milieu du chaos, les ordres militaires perdent leur sens et le fleuve devient la frontière mouvante entre civilisation et barbarie.
La force du film tient à ce mélange de gigantisme et d’intimité. Peu de films ont été conçus avec une telle ambition visuelle et sonore. Les explosions, la musique et les paysages composent une expérience spectaculaire, mais le véritable voyage est intérieur. Willard ne part pas seulement à la recherche de Kurtz : il avance vers ce que la guerre révèle de l’homme lorsque les règles, les institutions et les justifications morales ont disparu.

KNOCK (1951) de Guy Lefranc
Tout le monde se porte bien. Le docteur Knock va rapidement y remédier.
Une satire brillante et acérée dans laquelle Louis Jouvet transforme l’autorité médicale, le pouvoir des mots et la peur de la maladie en irrésistible mécanique de domination.
En prenant possession d’un cabinet de campagne déserté par les patients, le docteur Knock entreprend de convaincre chaque habitant qu’une maladie encore invisible sommeille en lui.
Knock décrit avec une précision réjouissante la naissance d’un pouvoir. Le personnage n’impose rien par la force : il observe, écoute, suggère et laisse chacun construire sa propre inquiétude. Sa véritable compétence n’est peut-être pas la médecine, mais la maîtrise du langage.
Louis Jouvet rend Knock aussi fascinant qu’inquiétant. Il domine le film dans l’un de ses rôles les plus emblématiques, entouré notamment de Jean Brochard, Pierre Renoir, Pierre Bertin, Marguerite Pierry, Jean Carmet et Jane Marken.
À voir et Revoir, parce que le film reste étonnamment moderne et actuel, par sa façon de montrer comment une peur peut être créée, entretenue puis organisée jusqu’à devenir un système économique et social. Guy Lefranc observe aussi notre désir d’être rassurés par celui qui commence précisément par nous inquiéter.
Comment se construit une autorité ? Pourquoi accordons-nous notre confiance à celui qui maîtrise les mots ? Et à partir de quel moment une inquiétude raisonnable devient-elle un moyen de contrôle ? Derrière son humour, Knock pose ces questions avec une finesse qui n’a rien perdu de son actualité.
La rencontre débat avec Nicolas Billon permettra également de replacer ce rôle dans le parcours de Louis Jouvet et d’explorer ce que l’acteur apporte au personnage, entre séduction, ironie et inquiétante maîtrise.
Version restaurée

PARIS LA BELLE (1960) de Pierre Prévert
Un poème documentaire qui confronte le Paris de 1928 à celui de la fin des années 1950, entre tendresse, ironie et mélancolie.
Trente ans après avoir filmé Paris avec Marcel Duhamel et Jacques Prévert, Pierre Prévert revient dans les mêmes rues pour observer ce que le temps a transformé.
En 1928, Pierre et Jacques Prévert, accompagnés de Marcel Duhamel, tournent les images de Souvenir de Paris, également connu sous le titre Paris-Express. Trois décennies plus tard, Pierre Prévert reprend ces vues, les confronte au Paris contemporain et leur associe un commentaire de Jacques Prévert, dit par Arletty.
Le film parle autant de la ville que de notre manière de nous souvenir d’elle. Les passants, les rues, les enseignes, les gestes disparus et cette impression que Paris change constamment tout en demeurant reconnaissable.
Paris était-il mieux avant ? Prévert préfère poser la question plutôt que refermer l’album.
Présenté en compétition au Festival de Cannes 1960, le film a reçu le Prix du court métrage ex æquo ainsi qu’un Hommage du court métrage ex æquo.

SOIS BELLE ET TAIS-TOI (1958) de Marc Allégret
Une fugueuse, un inspecteur, des bijoux volés : à Paris, chacun prend l’autre pour ce qu’il n’est pas... Une comédie policière vive et élégante, servi par une génération d’acteurs sur le point de devenir mythique.
Alain Delon et Jean-Paul Belmondo ne sont encore que de jeunes comédiens lorsqu’ils apparaissent dans le film. Deux ans plus tard, Plein Soleil et À bout de souffle feront d’eux les visages d’une nouvelle vague du cinéma français.
🎬 Une jeune fugueuse, Virginie, vingt ans, est prise pour une complice du braquage d'une bijouterie, par un inspecteur plein d'avenir, Jean, qu’elle imagine, de son côté, être un dangereux gangster.
Les personnages se poursuivent, se séduisent, se soupçonnent et changent sans cesse de rôle.
Le film avance par quiproquos, cavalcades et rencontres, porté par une héroïne bien moins docile que son titre ne le laisse entendre.
Virginie parle, invente, fugue, se trompe, décide et entraîne derrière elle policiers comme malfaiteurs. Mylène Demongeot apporte une énergie qui bouscule constamment les conventions du récit et réveille chaque scène où elle apparaît.