
Retro MARGUERITE DURAS
Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premières invitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.
Le Champo propose une retrospective Marguerite Duras au cinéma autour de trois films essentiels : L’AMANT de Jean-Jacques Annaud, HIROSHIMA MON AMOUR d’Alain Resnais et INDIA SONG de Marguerite Duras.
Trois films, trois manières d’approcher une œuvre où l’amour n’est jamais simple, jamais tout à fait présent, jamais séparé du souvenir. Chez Duras, les corps se cherchent, les voix reviennent, les lieux gardent les traces du passé : l’Indochine coloniale, Hiroshima après la catastrophe, l’Inde rêvée et fantomatique des ambassades et des salons.
Ce cycle permet de retrouver Marguerite Duras dans toute sa force de trouble : l’intensité du désir, la mémoire des blessures, les silences plus puissants que les mots, les images hantées par ce qui a disparu. Duras fait du cinéma un espace de vertige, où on écoute ce qui reste quand l’amour, le temps et l’Histoire ont tout bouleversé.
ET SI LE CINÉMA POUVAIT FAIRE ENTENDRE CE QUI NE SE DIT PAS ?

L’AMANT de Jean-Jacques Annaud (1992)
Un amour interdit, une mémoire brûlante, l’Indochine comme décor d’un désir impossible.
Dans l’Indochine des années 1930, une très jeune Française rencontre un riche Chinois lors d’une traversée du Mékong. Entre eux naît une passion clandestine, intense, marquée par la différence d’âge, de classe, de culture et par le poids des interdits.
Adapté du roman de Marguerite Duras, L’AMANT raconte un souvenir qui revient : une expérience fondatrice, sensuelle et douloureuse, où le désir se mêle à la honte, à la solitude et à la perte.

INDIA SONG de Marguerite Duras. (1975)
Dans les salons d’une ambassade, les voix parlent d’un amour déjà mort.
À Calcutta, dans les années 1930, Anne-Marie Stretter, femme d’ambassadeur, traverse un monde colonial finissant, entourée d’hommes fascinés par elle. Mais le film avance comme un rêve : les personnages semblent déjà absents, les voix viennent d’ailleurs, les souvenirs flottent dans des lieux vides.
Avec INDIA SONG, Marguerite Duras invente un cinéma hypnotique, presque spectral, où l’image et la parole se séparent. Le récit devient murmure, la passion devient fantôme, et le cinéma lui-même semble hanté par les êtres qu’il filme.

HIROSHIMA MON AMOUR de Alain Resnais (1959)
Elle a vu Hiroshima. Il lui dit qu’elle n’a rien vu.
À Hiroshima, une actrice française rencontre un architecte japonais. Leur brève histoire d’amour fait ressurgir une autre mémoire : celle de Nevers, de la guerre, d’un amour passé avec un soldat allemand, de la honte et de l’oubli impossible.
Écrit par Marguerite Duras et réalisé par Alain Resnais, HIROSHIMA MON AMOUR est un film majeur sur la mémoire, le traumatisme et la difficulté de dire ce que l’on a vécu. Un film où l’intime et l’Histoire se répondent, où chaque phrase semble chercher ce qui échappe aux images.
LES AFFICHES


