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BLONDES !

Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premières invitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.


13 ACTRICES HOLLYWOODIENNES DE LÉGENDE
COMÉDIE, AVENTURE, FILM NOIR, ROMANCE … GLAMOUR


L
E MYTHE DE LA BLONDE AU CINÉMA

Entre 1930 et 1960, Hollywood perfectionne le star-system, qui fabrique des visages immédiatement lisibles. Les studios créent et promeuvent des “profils de star” (nom, image, style, récit public) pour que, dès la première apparition, le spectateur identifie une promesse : comédie, romance, danger, mystère. Ainsi, la blonde devient une signature visuelle idéale : elle accroche l’œil, fixe une attente, et permet au film de jouer — parfois cruellement — avec cette attente.

Et c’est là que naît le mythe : la blonde comme figure à plusieurs visages, codée par le cinéma classique. On distingue notamment la blonde “glacée” (élégante, mystérieuse — souvent associée à l’univers hitchcockien), la blonde “sex-symbol devenu icone” (star-phénomène, sensualité explosive), et la blonde “caricaturée” (cliché comique que le cinéma peut exploiter… avant de révéler qu’elle mène le jeu). Les actrices (jusqu’à Rita Hayworth, métamorphosée en blonde platine dans La Dame de Shanghaï) s’emparent de cette lumière pour en faire un véritable masque narratif : beauté comme leurre, glamour comme piège.

Autrement dit, une question derrière la couleur, dans ce cycle BLONDES ! : Qui manipule qui ?


Affiche du cycle BLONDES !  au Champo

LES "BLONDES" 

Greta Garbo - Mythe + mélodrame + mystère
• LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTHIER— Camille (1936)

Jean Arthur - Comédie d’adultes : clarté, nerf, intelligence sentimentale
• VOUS NE L’EMPORTEREZ PAS AVEC VOUS- You Can’t Take It with You (1938)
• SEULS LES ANGES ONT DES AILES— Only Angels Have Wings (1939)

Joan Fontaine - L’ingénue devient héroïne sous pression
• REBECCA— Rebecca (1940)

Barbara Stanwyck - Du burlesque au noir : intelligence, tempo, danger
• BOULE DE FEU— Ball of Fire (1941)
• ASSURANCE SUR LA MORT— Double Indemnity (1944)

Veronica Lake - Comédie : partenaire lucide, ironie, dérapages
• LES VOYAGES DE SULLIVAN— Sullivan’s Travels (1941)

Carole Lombard - Comédie : panache, vitesse, intelligence du mensonge
• TO BE OR NOT TO BE— To Be or Not to Be (1942)

Lauren Bacall - Film noir : et une présence qui tient tête au danger.
• LES PASSAGERS DE LA NUIT— Dark Passage (1947)

Bette Davis- Mythe + théâtre : autorité, ironie, vulnérabilité, Icone
• EVE— All About Eve (1950)

Lana Turner- Hollywood en abyme : glamour, blessures, une star et un monstre
• LES ENSORCELÉS— The Bad and the Beautiful (1952)

Grace Kelly - Suspense + élégance : une précision qui fait basculer l’intrigue.
• LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS - High Noon (1952)
• FENÊTRE SUR COUR - Rear Window (1954)

Marlene Dietrich - Mythe. Glamour comme arme, froideur comme autorité.
• L’ANGE DES MAUDITS— Rancho Notorious (1952)

Marilyn Monroe - Comédie + noir : icône et danger, rire et vertige.
• NIAGARA— Niagara (1953)
• CERTAINS L’AIMENT CHAUD - Some Like It Hot (1959)

Tippi Hedren - Vertige psychologique : le glamour devient fracture
• PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE— Marnie (1964)

Rita Hayworth - tiQuand le glamour devient un piège, le film noir se change en labyrinthe - jusqu'au vertige du palais des miroirs.


LES FILMS DU CYCLE 

📍 LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTHIER — George Cukor (1936). Garbo transforme le mélodrame en émotion pure. Une courtisane parisienne s’éprend d’un jeune homme, mais l’amour se heurte aux conventions et au sacrifice. Avec Greta Garbo, Robert Taylor, Lionel Barrymore.

📍 VOUS NE L’EMPORTEREZ PAS AVEC VOUS — Frank Capra (1938). Quand l’argent frappe à la porte, la fantaisie répond. Une utopie domestique, drôle, tendre, contagieuse. Deux familles que tout oppose (excentriques heureux vs industriels puissants) se heurtent… à cause d’un amour.
Oscars : Meilleur film + Meilleur réalisateur. Avec Jean Arthur, James Stewart, Lionel Barrymore.

📍 SEULS LES ANGES ONT DES AILES — Howard Hawks (1939). L’amour au bord du vide. Dans un port d’Amérique du Sud, des pilotes risquent leur vie pour transporter le courrier à travers des conditions extrêmes, pendant qu’une femme bouleverse l’équilibre du groupe. Rita Hayworth révélée. Avec Jean Arthur, Cary Grant, Rita Hayworth.
Plusieurs nominations aux Oscars. 

📍 REBECCA — Alfred Hitchcock (1940). Un conte noir : romance, menace, fantôme social, et une maison comme piège. Une jeune femme épouse un veuf riche et arrive à Manderley, où le souvenir de Rebecca écrase tout. Oscars 1941 : Meilleur film et Meilleure photographie N&B. Avec Joan Fontaine, Laurence Olivier, Judith Anderson, George Sanders.

📍 BOULE DE FEU — Howard Hawks (1941). Une “blonde” débarque, la langue explose. Des universitaires écrivent une encyclopédie ; une chanteuse recherchée se cache chez eux et devient leur dictionnaire vivant. Dialogue étincelant. 4 nominations aux Oscars (dont actrice, scénario). Avec Barbara Stanwyck, Gary Cooper.

📍 LES VOYAGES DE SULLIVAN — Preston Sturges (1941). Il veut filmer la misère, Il découvre le besoin de rire. Une comédie qui finit par devenir une leçon de cinéma. Un réalisateur célèbre part sur les routes déguisé en vagabond pour “comprendre la vie réelle”. Avec Veronica Lake, Joel McCrea.

📍 TO BE OR NOT TO BE — Ernst Lubitsch (1942). La résistance par le théâtre : mentir mieux que l’ennemi, rire contre la terreur avec une élégance folle. À Varsovie occupée, une troupe d’acteurs utilise déguisements et jeux de rôle pour tromper les nazis. Film devenu “classique” par sa modernité. Avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack.

📍 ASSURANCE SUR LA MORT — Billy Wilder (1944). L’assurance-vie comme arme, la passion comme alibi. Le noir absolu : Le désir en forme de fatalité. Un assureur et une femme s’allient pour tuer le mari. 7 nominations aux Oscars. Avec Barbara Stanwyck, Fred MacMurray.

📍 LES PASSAGERS DE LA NUIT — Delmer Daves (1947). Un noir paranoïaque et inventif. Accusé à tort, un évadé tente de prouver son innocence, aidé par une femme qui croit en lui — au prix d’une métamorphose. Avec Lauren Bacall, Humphrey Bogart, Agnes Moorehead.

📍 ÈVE (All about Eve) — Joseph L. Mankiewicz (1950). Dans les coulisses, on s’aime, on se dévore, on se remplace. Le film définitif sur l’ambition, l’âge, et le pouvoir. Une jeune admiratrice s’infiltre dans la vie d’une grande actrice… jusqu’à prendre sa place, 14 nominations, 6 Oscars (dont film, réal, scénario, acteur second rôle). Avec Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Marilyn Monroe

📍 LES ENSORCELÉS — Vincente Minnelli (1952). Hollywood : machine à rêves, machine à broyer. Un grand film sur le pouvoir — et le prix intime de la réussite. Un producteur génial mais destructeur laisse derrière lui une traînée d’amours, d’amitiés et de carrières brisées. 5 Oscars (6 nominations). Avec Lana Turner, Kirk Douglas, Gloria Grahame.

📍 LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS — Fred Zinnemann (1952). Midi approche. La ville se tait. L’homme reste. Un western moral, tendu comme une corde, où la solitude fait loi. Un shérif sur le point de se marier apprend que des tueurs arrivent par le train de midi : il cherche du soutien, mais la lâcheté gagne la ville. Film multi-oscarisé. Avec Grace Kelly, Gary Cooper.

📍 L’ANGE DES MAUDITS — Fritz Lang (1952). Western de vengeance… et opéra noir, avec une blonde qui règne sur un monde d’hommes. Un homme traque la bande responsable de la mort de sa fiancée et remonte jusqu’à un repaire de hors-la-loi, “Chuck-a-Luck”, dirigé par une femme fascinante et dangereuse. Acteurs : Marlene Dietrich, Arthur Kennedy, Mel Ferrer.

📍 NIAGARA — Henry Hathaway (1953). Carte postale, lune de miel… et piège mortel. Un noir en Technicolor : Marilyn comme mirage dangereux. Un jeune couple croise un ménage toxique : jalousie, complot, bascule criminelle. Monroe devient icône. Avec Marilyn Monroe, Joseph Cotten, Jean Peters.

📍 FENÊTRE SUR COUR — Alfred Hitchcock (1954). Le suspense comme mécanique du désir. Immobilisé, un photographe observe ses voisins par la fenêtre et croit assister à un meurtre. 4 nominations aux Oscars. Avec Grace Kelly, James Stewart, Thelma Ritter, Raymond Burr.

📍 CERTAINS L’AIMENT CHAUD — Billy Wilder (1959). Une comédie au couteau Deux musiciens témoins d’un règlement de comptes fuient la mafia, déguisés en femmes et rejoignent un orchestre féminin… où tout dérape. Marilyn au sommet du magnétisme comique. Oscar costumes N&B ; Golden Globes (meilleure comédie, acteur, actrice). Avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon.

📍 PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE — Alfred Hitchcock (1964). Elle ment pour survivre. Il aime pour comprendre. Une voleuse change d’identité ; un homme la démasque, l’épouse, et tente de percer le secret qui la détruit. Vertige psy + mise en scène glacée. Avec Tippi Hedren, Sean Connery,

📍 LA DAME DE SHANGHAI — Orson Welles (1964). Elle avait le visage d’un ange. Pour elle, il entra dans un monde où même les miroirs savaient mentir.  Avec Rita Hayworth métamorphosée en blonde platine - qui devient une énigme aussi éblouissante que dangereuse, Orson Welles, Everett Sloane et Glenn Anders.

* Affiches des films ci-dessous


Affiche de La Dame de Shanghai, film d’Orson Welles avec Rita Hayworth, présenté au cinéma Le Champo.

LA DAME DE SHANGHAI (The Lady from Shanghai )— Orson Welles, 1947

Désirs, mensonges et jeux de miroirs. 

Quand le glamour devient un piège, le film noir se change en labyrinthe — jusqu’au vertige du palais des miroirs.

Michael O’Hara, marin irlandais, succombe au charme de la mystérieuse Elsa Bannister et accepte de travailler sur le yacht de son mari, un riche avocat. Au cours du voyage, l’associé de ce dernier lui propose un étrange marché : contre une importante somme d’argent, Michael devra avouer un meurtre qui ne sera qu’une mise en scène. Persuadé de pouvoir ainsi commencer une nouvelle vie avec Elsa, il s’engage dans un jeu dont il ignore les règles…

Avec La Dame de Shanghai, Orson Welles transforme le film noir en un vertigineux théâtre des apparences. Une rencontre amoureuse, une croisière de luxe, la promesse d’une fortune : chaque invitation au bonheur dissimule une menace. 

Face à Welles, Rita Hayworth compose une Elsa fascinante et insaisissable. Autour d’eux, les visages, les ombres et les perspectives troublent nos repères. De l’aquarium au célèbre palais des miroirs, la mise en scène donne une forme saisissante au doute : comment reconnaître la vérité lorsque tout n’est que reflet ?

Rita Hayworth : la blonde comme énigme. Pour ce rôle, Rita Hayworth abandonne la longue chevelure rousse au profit de cheveux courts, blond platine. Cette métamorphose trouve toute sa place dans notre cycle « Blondes ! » : la blondeur devient ici un éclat trompeur, une surface lumineuse derrière laquelle le personnage demeure indéchiffrable. Welles fait de la beauté de son actrice le cœur même du mystère.

À voir, à revoir Pour le magnétisme de Rita Hayworth, l’étrangeté d’un récit où chaque certitude vacille et l’invention visuelle d’Orson Welles. Un film à retrouver sur grand écran, où la séduction et l’inquiétude se répondent jusque dans les éclats d’un miroir.

 

LES AFFICHES

Affiche du film ALL ABOUT EVE - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film boule de feu All - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film Double Indemnity- cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film L'ANGE MAUDIT  - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film CERTAINS L'AIMENT CHAUD  - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTIER - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film FENETRE SUR COUR - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film NIAGARA - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film LE TRAIN SIFFLERA 3 FOIS- cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film TO BE OR NOT TO BE - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film LES PASSAGERS DE LA NUIT - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film LES VOYAGES DE SULLIVAN - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film SEULS LES ANGES ONT DES AILES - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film Pas de printemps pour Marnie - cycle BLONDES au CHAMPO
Affiche du film REBECCA  - cycle LES BLONDES au Champo
Affiche du film Vous ne l'emporterez pas avec vous - cycle BLONDES au CHAMPO