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Cycle TATI

Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premièresinvitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.


Un vélo file trop vite, une porte automatique hésite, un poisson-fontaine se déclenche au mauvais moment : Jacques Tati revient au Champo, et le monde moderne n’a qu’à bien se tenir.

À travers ses six longs-métrages, cette rétrospective invite à redécouvrir un cinéma du geste, du son, du détail et du burlesque, dans de nouvelles restaurations 4K.

Jacques TATI . Tati occupe une place unique dans l’histoire du cinéma français. Héritier du music-hall, du mime et du burlesque muet, il a inventé une forme immédiatement reconnaissable : peu de dialogues, beaucoup de sons, une attention extraordinaire aux corps, aux objets, aux décors et aux petits accidents du quotidien. De Jour de fête à Playtime, son cinéma observe la modernisation de la société française — la vitesse, l’architecture, la consommation, l’automobile, la technologie — sans jamais perdre sa tendresse pour les rêveurs, les maladroits, les enfants, les chiens et les passants qui ne marchent pas tout à fait au bon rythme.

Chez Tati, le gag n’est jamais seulement une chute : c’est une manière de regarder le monde. Un village s’emballe parce qu’un facteur veut aller plus vite. Une plage devient une chorégraphie de vacances. Une maison moderne se transforme en piège design. Un aéroport, un restaurant, un salon de l’automobile ou une piste de cirque deviennent des laboratoires d’observation. Tout semble réglé au millimètre, et pourtant tout déraille — délicatement.

Affiche de la retrospective TATI integrale - six chefs-d'oeuvre au Champo

LES 6 FILMS DU CYCLE 

📍 Jour de fête (1949) transforme la tournée d’un facteur en ballet rural de la modernité.
Un village tranquille, une fête foraine, un facteur survolté : la modernité arrive à bicyclette, et elle n’a pas très bien vérifié ses freins.
Naissance du regard Tati : un comique sans méchanceté, un sens du rythme unique, une tendresse pour la France des villages, et déjà cette question centrale : faut-il vraiment aller plus vite pour mieux vivre ?

Carlotta présente ce film comme le “premier chef-d’œuvre burlesque”.

📍 Les Vacances de Monsieur Hulot (1953) invente Hulot et fait d’une station balnéaire un théâtre du temps libre. 
Monsieur Hulot arrive à la mer. Les vacanciers n’étaient pas prêts. Les portes battantes non plus.
Un film d’une douceur trompeuse : tout semble léger, presque immobile, mais chaque plan est un piège comique. Les Vacances de Monsieur Hulot donne envie de partir à la mer — mais peut-être pas dans le même hôtel que Monsieur Hulot.
Prix Louis-Delluc 1953 et sera nommé à l’Oscar du meilleur scénario original en 1956

📍 Mon Oncle (1958) oppose la fantaisie des vieux quartiers à l’absurdité brillante d’une maison ultra-moderne.
Une maison ultra-moderne, un poisson-fontaine très susceptible, un oncle pas assez rentable : bienvenue dans le confort compliqué. 
Peut-être le film le plus immédiatement accessible de Tati : drôle, coloré, cruel juste ce qu’il faut, et incroyablement actuel dans sa manière de regarder les objets censés nous simplifier la vie. Le design y est impeccable ; l’humain, heureusement, l’est beaucoup moins.
Prix spécial du jury au Festival de Cannes 1958 et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1959.

📍 Playtime (1967). Œuvre monumentale de Jacques Tati, Playtime est une expérience visuelle et sonore unique, qui transforme la ville moderne en immense terrain de jeu burlesque où l’homme tente de rester humain parmi le verre, l’acier et les automatismes.
Des vitres, des reflets, des bureaux, des touristes, un restaurant qui s’écroule poliment : la modernité fait son numéro,la fête surgit, et le chaos rend enfin le monde habitable.

📍 Trafic (1971). Monsieur Hulot prend la route. La voiture avance, le monde klaxonne, et la ligne droite devient une hypothèse optimiste.
Peut-être l’un des Tati les plus directement actuels. Il suffit de regarder un rond-point, un périphérique ou un conducteur pressé pour comprendre que le film n’a pas vieilli. Tati ne condamne pas seulement l’automobile : il observe ce qu’elle fait à nos gestes, à notre patience, à notre rapport aux autres.
Un film de bouchons, de détours et de regards amusés : un road movie où la route importe moins que les petites folies qu’elle révèle.

📍 Parade (1974) revient au cirque et au music-hall pour célébrer le spectacle vivant, l’enfance et l’invention collective.
Jacques Tati entre en piste : un cirque, des clowns, des acrobates, des enfants, des spectateurs… et soudain, toute la salle devient spectacle.
Un Tati plus léger, plus intime, plus joueur — un Tati qui tend la main au public et lui dit presque : “Entrez, il reste une place sur la piste.”


Affiche du cycle integral  avec le film JOUR DE FETE de Jacques TATI au Champo
Affiche du cycle integral  avec le film LES VACANCES DE M. HULOT de Jacques Tati au Champo
Affiche du cycle integral  avec le film MON ONCLE de Jacques Tati au Champo
Affiche du cycle integral  avec le film PARADE de Jacques Tati au Champo
Affiche du cycle integral  avec le film PLAYTIME de Jacques Tati au Champo
Affiche du cycle integral  avec le film TRAFFIC de Jacques Tati au Champo