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Cycle "SIMENON À L'ÉCRAN .. vu par"

Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premières invitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.


Simenon écrit un univers où le quotidien devient piège. Un quartier, un café, une maison bourgeoise, un train en fuite, un secret — et, soudain, une vie ordinaire se met à dérailler.
Il y a Maigret : des enquêtes à voix basse, attentives aux milieux et aux silences. Et il y a l’autre Simenon : des drames noirs où la rumeur condamne, où les couples se déchirent ou s’empoisonnent, où un détail infime fait basculer une existence.

De Maigret aux romans noirs, ces 18 films dessinent un même territoire : celui des silences, des regards, des vies ordinaires prises au piège. Pas de héros invincibles : seulement des êtres humains, avec leurs failles et leurs masques.

Le cinéma prolonge le regard de Simenon : une atmosphère, un détail, une bascule. Avec ce cycle Simenon, Le Champo aligne une galerie de visages et de voix qui ont fait le cinéma : Jean Gabin, Michel Simon, Raimu, Lino Ventura, Alain Delon, Simone Signoret, Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Annie Girardot, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Michel Serrault, Sandrine Bonnaire …

Des duos cultes, des acteurs mythiques, des présences inoubliables, des dialogues qui restent : 11 réalisateurs, 18 manières de filmer l’obsession Simenon — l’homme mis à nu. Et… la vérité ne surgit pas : elle s’infiltre.
Excellentes séances et bon Simenon


Affiche de la retrospective Marguerite Duras au Champo

📍 LES FANTÔMES DU CHAPELIER — Claude Chabrol (1982). Un crime discret s’installe… et une ville apprend à détourner les yeux. À Concarneau, un chapelier étrangle ; le voisin d’en face comprend — et se tait. Toute la terreur est là : la respectabilité comme couvercle, la lâcheté comme pacte. À (re)voir pour cette atmosphère poisseuse, le crime à visage respectable, le silence comme complicité, et un duel d’acteurs où chaque silence fait mal.
Avec : Michel Serrault, Charles Aznavour, Monique Chaumette.

📍 BETTY — Claude Chabrol (1992). Et si la chute était un milieu social avant d’être un drame ? Betty erre, boit, s’abîme, et trouve refuge dans un bar — puis dans l’écoute trouble d’une femme plus âgée. Chabrol filme la dépendance, la honte et la violence feutrée des classes, sans jugement, au scalpel. À (re)voir au Champo pour sa cruauté élégante, pour l’hypnose des gestes, des silences, et la précision des regards qui condamnent.
Avec : Marie Trintignant, Stéphane Audran, Jean-François Garreaud.

📍 LE VOYAGEUR DE LA TOUSSAINT — Louis Daquin (1943). Un héritage attire un jeune homme à La Rochelle… et l’englue dans un réseau de notables, de chantages et de secrets. Simenon adore ces micro-sociétés où chacun ment poliment. pour sa mécanique de piège provincial, où l’on sourit en serrant l’étau. À (re) voir pour le noir classique, et pour sa mécanique de piège provincial, où l’on sourit en serrant l’étau.
Avec : Assia Noris, Jules Berry, Gabrielle Dorziat.

📍 LES INCONNUS DANS LA MAISON — Henri Decoin (1942). Un avocat déchu, reclus et alcoolisé, découvre un cadavre chez lui : l’affaire touche sa fille, sa maison, sa honte. Le procès devient sa dernière chance de se relever — ou de se perdre. À (re)voir pour son grand théâtre noir : un procès, une rédemption, et une humanité à vif. Raimu monumental.
Avec : Raimu, Juliette Faber, Gabrielle Fontan.

📍 LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE — Henri Decoin (1952). Un homme agonise : sa femme l’a empoisonné. À l’hôpital, le couple se rejoue en flashbacks — dix ans de blessures, d’humiliations et de malentendus “propres”. Simenon au scalpel : l’amour comme procès, la passion comme poison lent. À (re)voir au Champo pour son poison conjugal, la tension psychologique et la cruauté élégante du duo. Une autopsie froide d’un couple qui s’est détruit “proprement”,
Avec : Jean Gabin, Danielle Darrieux, Jacques Castelot

📍 MAIGRET ET L’AFFAIRE SAINT-FIACRE — Jean Delannoy (1959). Le retour au pays, chez Simenon, n’a rien de consolant : c’est une enquête dans les non-dits. Une lettre annonce un crime pendant la messe ; Maigret revient dans le village de son enfance et découvre un monde fermé, réglé par les rites, la hiérarchie et la honte. À (re)voir pour sa mélancolie rurale et ses non- dits : un crime comme une vieille blessure. Un Simenon rural où tout se joue dans l’ellipse, la fatalité… et les regards qui mentent “poliment”.
Avec : Jean Gabin, Michel Auclair, Valentine Tessier.

📍 LE BARON DE L’ÉCLUSE — Jean Delannoy (1960). Dialogues Audiard. Baron désargenté et joueur, Antoine ne vit plus que d’élégance et d’expédients. Un coup de chance au casino, un yacht, et le voilà sur les canaux vers Monaco avec Perle, amour retrouvé, jusqu’à l’arrêt forcé à une écluse, où le vernis craque. À (re)voir au Champo aussi pour la verve des dialogues et un Gabin flambeur, tendre et désabusé.
Avec : Jean Gabin, Micheline Presle, Jean Desailly

📍 LA TÊTE D’UN HOMME — Julien Duvivier (1933). Un coupable idéal, un dossier “propre”, et pourtant Maigret sent la mécanique du crime derrière l’évidence. Duvivier signe un polar tendu où la vérité se paie au prix fort : intuition contre logique, piège contre piège. À (re)voir pour l’énergie des années 30 - ombres, rythme sec, Paris-labyrinthe - et cette sensation Simenonienne : la culpabilité est d’abord une atmosphère, et l’évidence cache un piège. Avec : Harry Baur, Valéry Inkijinoff, Alexandre Rignault.

📍 PANIQUE — Julien Duvivier (1946). Venise 1946. Un meurtre et la rumeur désigne Monsieur HIRE, « différent », parfait bouc émissaire. Pendant que le vrai coupable manipule, la foule s’échauffe et l’étau se referme. Simenon et Duvivier dissèquent la lâcheté ordinaire. À (re)voir pour ce portrait implacable de la foule, quand la rumeur devient une machine à broyer.
Avec : Michel Simon, Viviane Romance, Paul Bernard.

📍 LA VEUVE COUDERC — Pierre Granier-Deferre (1971). Un évadé trouve refuge chez une veuve : le désir se heurte au village, à la famille, aux intérêts. Ici, la province est un tribunal, et chaque regard accuse. La rumeur travaille, les familles s’en mêlent, l’étau se resserre. À (re)voir au pour la tension des regards et le duo Alain Delon / Signoret, où la passion ressemble à une condamnation Un Simenon où l’amour ressemble à une condamnation.
Avec : Alain Delon, Simone Signoret, Ottavia Piccolo.

📍 LE TRAIN — Pierre Granier-Deferre (1973). Juin 40. un train d’exilés, deux inconnus, et une histoire qui naît dans le chaos. La guerre accélère tout : désir, peur, choix impossibles. Granier-Deferre filme l’urgence des corps, la fragilité des visages, et cette idée Simenon : un destin peut basculer sur un quai. À voir pour le mouvement, la tension, et la mélancolie qui reste.
Avec : Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider, Niké Arrighi

📍 LE SANG À LA TÊTE — Gilles Grangier (1956). Et si la réussite sociale n’était qu’un autre piège ? Cardinaud, ancien débardeur devenu armateur puissant, voit son monde se fissurer quand sa femme étouffe — et s’enfuit. Tout le port commente, juge, se réjouit : Simenon ausculte la violence “respectable” et l’humiliation publique. À (re)voir pour sa violence sociale à bas bruit : la réussite comme piège, la honte comme poison, et la cruauté du regard collectif.
Avec : Jean Gabin, Monique Mélinand, Paul Frankeur

📍 LA MORT DE BELLE — Édouard Molinaro (1961). Une jeune femme hébergée par un couple est retrouvée étranglée : l’étau se resserre sur le mari, et le soupçon contamine tout — justice, voisinage, intimité. Thriller moral à (re)voir pour l’innocence qui ne pèse rien face à la “certitude” collective, pour l’angoisse du soupçon, quand l’opinion publique fabrique sa vérité avant la justice.
Avec : Jean Desailly, Alexandra Stewart, Monique Mélinand.

📍 LE BATEAU D’ÉMILE — Denys de La Patellière (1962) (alias Le Homard flambé). Dialogues de Audiard. À La Rochelle, un patriarche mourant veut léguer sa fortune à un fils caché : Émile, patron-pêcheur, pendant que la famille d’armateurs manœuvre. Secrets, héritage, violences et tendresse : la comédie devient drame de clan, très “Simenon portuaire”.
À (re)voir au Champo aussi pour les acteurs et le swing d’Audiard. Avec : Lino Ventura, Annie Girardot, Michel Simon, Pierre Brasseur

📍 MAIGRET TEND UN PIÈGE — Jean Delannoy (1958). Et si, pour coincer un tueur, il fallait d’abord laisser la ville se trahir elle-même ? Dans le Marais, des meurtres en série défient la police ; Maigret monte un dispositif où chaque regard devient indice, chaque rumeur une fausse piste… ou une confession. Un polar d’atmosphère et de tension feutrée : un Paris nocturne où chaque détail finit par parler et une méthode Maigret implacable sans jamais hausser la voix.
Avec : Jean Gabin, Annie Girardot, Jean Desailly.

📍 LE CHAT — Pierre Granier-Deferre (1971). Berlin 1971. Deux époux vivent ensemble mais ne se parlent plus : billets venimeux, rancœur, tendresse impossible… et un chat comme refuge. Huis clos au vitriol, où l’amour se dit uniquement par la guerre des silences. À (re)voir aussi pour le « duel » d’acteurs : chaque regard est une gifle.
Avec : Jean Gabin, Simone Signoret, Annie Cordy.

📍 L’HORLOGER DE SAINT-PAUL — Bertrand Tavernier (1974). Un père découvre son fils à travers un fait divers — et comprend qu’il ne le connaissait pas. L’enquête devient une traversée de Lyon, d’une époque, et d’une relation père-fils minée par les silences. À (re)voir pour sa douceur implacable : un drame intime qui avance par petites touches et serre le cœur. Prix Louis-Delluc 1973, et Ours d’argent– Prix spécial du jury (Berlinale 1974).
Avec : Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jacques Denis

📍 MONSIEUR HIRE — Patrice Leconte (1989). Cannes (compétition). Un homme discret observe sa voisine ; un meurtre survient, et le soupçon s’accroche à lui. Leconte transforme Simenon en suspense intime : désir, manipulation, solitude. Suspense sentimental, tension magnétique qui naît d’un regard, et ne te lâche plus, et l’émotion qui affleure sous le thriller.
Avec : Michel Blanc, Sandrine Bonnaire, Luc Thuillier.

LES AFFICHES

Affiche du film pour BETTY de Claude Chabrol - Simenon au Champo
Affiche du film LES FANTOMES DU CHAPELIER - Claude Chabrol 1982 Simenon au Champo
Affiche de LA MORT DE BELLE - Edouard Molinaro 1961 - Simenon au Champo
LE VOYAGEUR DE LA TOUSSAINT - Louis Daquin 1943 - Simenon au Champo
LA VERITE SUR BEBE DONGE - Henri Decoin 1952. - Simenon au Champo.
LES INCONNUS DE LA MAISON - Raimu - Simenon au Champo
LE TRAIN - Pierre Granier-Deferre 1973 - Simenon au Champo
LA VEUVE COUDERC - Pierre Granier-Deferre 1971 - Simenon au Champo
LE CHAT - Pierre Granier-Deferre 1971 - Simenon au Champo
LE SANG A LA TETE - Gilles Grangier 1956 - Simenon au Champo.
MONSIEUR HIRE - Patrice Leconte 1989 - Simenon au Champo
L'HORLOGER DE SAINT-PAUL - Bertrand Tavernier 1974 - Simenon au Champo
LA TETE DUN HOMME - Julien Duvivier 1933 - Simenon au Champo
PANIQUE - Julien Duvivier 1946 - Simenon au Champo
MAIGRET TEND UN PIEGE - Jean Delannoy  - Simenon au Champo