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Rétrospective ETTORE SCOLA

Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premières invitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.


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On s'aime, on se dispute, on se quitte, on se retrouve… Et le temps passe. Bienvenue dans le cinéma d'Ettore Scola

Sept films pour retrouver l'un des regards les plus drôles, les plus lucides et les plus profondément humains du cinéma italien.

Une famille qui s'entredéchire pour un magot, trois amis qui voient leurs idéaux s'effriter, des intellectuels réunis autour de leurs désillusions, des amours impossibles, un père et son fils qui peinent à se comprendre… Ettore Scola observe la comédie humaine dans toutes ses contradictions.

Ettore SCOLA

Scénariste pour Dino Risi, Luigi Comencini et d'autres maîtres du cinéma italien avant de passer à la réalisation en 1964, Ettore Scola s'est imposé comme l'un des grands auteurs européens de la seconde moitié du XXe siècle

Héritier de la grande comédie italienne, il en renouvelle les codes en mêlant satire sociale, tendresse, mélancolie et regard politique. Ses personnages peuvent être lâches, ridicules, généreux, cruels ou bouleversants — souvent tout cela à la fois ! Derrière leurs histoires intimes, c'est aussi celle de l'Italie qui se dessine, avec ses bouleversements, ses espoirs et ses renoncements.

Entouré d'acteurs exceptionnels — Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Nino Manfredi, Stefania Sandrelli, Massimo Troisi —, il a composé une œuvre où l'intelligence du regard n'exclut jamais la tendresse. Un cinéma qui nous ressemble, jusque dans nos imperfections.

Revoir SCOLA

L'amitié, la famille, l'amour, les illusions perdues… Et toujours, le temps qui passe.

Chez Ettore Scola, les histoires individuelles racontent aussi celles d'une époque et d'une société. Dans Nous nous sommes tant aimés et La Terrasse, les idéaux de jeunesse se confrontent aux compromis de l'âge adulte. Affreux, sales et méchants et La Famille explorent, dans deux milieux sociaux radicalement différents, les liens familiaux et leurs contradictions. Avec Passion d'amour, Scola interroge les mystères du désir, tandis que Splendor et Quelle heure est-il ?célèbrent, chacun à leur manière, la transmission, les souvenirs et les émotions partagées.

De la satire la plus féroce (Affreux, sales et méchants) à la tendresse la plus délicate, Scola traverse les genres avec une liberté remarquable, sans jamais perdre ce regard profondément humain qui fait la singularité de son cinéma.

Sept films pour rire, s'émouvoir, se souvenir… et redécouvrir combien le cinéma de Scola parle encore de nous.

Au Champo, à partir du 4 novembre 2026.


Nino Manfredi dans le rôle de Giacinto, au milieu de sa famille dans Affreux, sales et méchants (1976), film d'Ettore Scola.

AFFREUX, SALES ET MÉCHANTS (1976)

La famille, c'est sacré. Surtout quand il y a un magot à partager !

Une famille, un magot, zéro scrupule… Chez les Mazzatella, tous les coups sont permis, surtout les plus bas !

Une comédie noire féroce où la misère, la cupidité et les rivalités familiales se transforment en un joyeux cauchemar. Scola dynamite les conventions de la comédie italienne. Avec son humour grotesque, sa mise en scène foisonnante et un Nino Manfredi monstrueusement drôle, Scola signe une satire sociale aussi dérangeante que jubilatoire.

Dans un bidonville de Rome, Giacinto règne en tyran sur une tribu de femmes, d'enfants, de beaux-enfants et de parents entassés sous le même toit. Il possède un trésor : un million de lires reçues après avoir perdu un œil. Toute la famille convoite cet argent, mais Giacinto est bien décidé à ne rien partager. Entre querelles, trahisons, adultères et tentatives d'empoisonnement, la guerre familiale est déclarée !

Un sommet d'humour noir et de méchanceté réjouissante. Excessif, cruel, politiquement incorrect… Et drôle. Scola n'épargne personne, surtout pas ses spectateurs !

🏆 Prix de la mise en scène — Festival de Cannes 1976.

Nino Manfredi, Vittorio Gassman et Stefano Satta Flores dans Nous nous sommes tant aimés (1974) d'Ettore Scola.

NOUS NOUS SOMMES TANT AIMÉS (1974)

Ils voulaient changer le monde. Trente ans plus tard, ils ont surtout changé eux-mêmes…

On s'était promis de ne jamais changer…

Une magnifique chronique de l'amitié, de l'amour et des idéaux perdus. Un chef-d'œuvre de tendresse, d'intelligence et de mélancolie. On rit des illusions de jeunesse, on s'émeut des occasions manquées.
Scola réussit un miracle : raconter trente ans d'histoire italienne à travers trois destins individuels, sans jamais perdre la légèreté de la comédie.

En 1945, Antonio, Gianni et Nicola, trois amis qui ont combattu ensemble dans la Résistance, rêvent d'une Italie nouvelle, plus juste et plus libre. Mais leurs chemins se séparent. Entre engagements politiques, amours contrariées, réussites sociales et désillusions, chacun compose avec les compromis de l'existence. Trente ans plus tard, que reste-t-il de leurs idéaux et de leur amitié ?

Un film qu'on aime davantage encore en le revoyant.

🏆 César du meilleur film étranger 1977.

NB. Dédié à Vittorio De Sica, le film fait apparaître le cinéaste dans son propre rôle, tout comme Federico Fellini et Marcello Mastroianni. Sa forme évolue également du noir et blanc vers la couleur, accompagnant les transformations de l'Italie et des personnages.

Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman et les invités d'une réception dans La Terrasse (1980) d'Ettore Scola.

LA TERRASSE (1980)

Ils ont refait le monde autour d'un verre. Maintenant, ils se demandent ce qu'ils ont fait de leur vie…

Les grandes idées passent. Les petites désillusions restent.

Une satire brillante et mélancolique de l'intelligentsia italienne, où les convictions, les ambitions et les amours résistent mal à l'épreuve du temps.

Sur une terrasse romaine, des amis de longue date se retrouvent régulièrement pour dîner, discuter de politique, évoquer leurs réussites et leurs échecs. Chacun traverse une crise personnelle et professionnelle. Derrière les conversations élégantes et les plaisanteries, les illusions s'effritent et les regrets s'accumulent.

Film à voir et revoir pour son exceptionnelle distribution, ses dialogues incisifs et son regard sans complaisance sur une génération qui croyait pouvoir transformer la société. Scola explore les contradictions d'intellectuels progressistes devenus prisonniers de leur confort, de leurs ambitions et de leurs renoncements.

Une comédie humaine d'une intelligence redoutable ! Des acteurs au sommet, des dialogues qui font mouche et une galerie de personnages dont les contradictions sont parfois terriblement familières. On sourit, on grince des dents… et on se reconnaît un peu trop souvent.

🏆 Festival de Cannes 1980 : Prix du scénario et des dialogues. et Prix du meilleur second rôle féminin (ex æquo), attribué à Carla Gravina.

Vittorio Gassman et Fanny Ardant dans l'appartement familial du film La Famille (1987) d'Ettore Scola.

LA FAMILLE (1987)

Le temps passe. La famille reste. Les secrets aussi.

Une famille, quatre générations, quatre-vingts ans de souvenirs… Et tant de choses qu'on ne s'est jamais dites.

Rome, 1906. À l'occasion du baptême du petit Carlo, toute une famille se réunit dans un grand appartement bourgeois. Les années passent, les générations se succèdent et les événements de l'histoire italienne bouleversent les existences. De l'enfance à la vieillesse, Carlo traverse les joies, les deuils, les disputes et les amours contrariées, notamment celle qui le lie à Adriana, la sœur de son épouse. Quatre-vingts années de vie familiale racontées entre les murs d'un même appartement.

Avec une mise en scène d'une remarquable fluidité et un Vittorio Gassman bouleversant, Scola réussit à raconter presque un siècle d'existence sans jamais quitter l'intimité d'un foyer.

Une merveille de sensibilité et d'élégance. Scola saisit ce qui fait la richesse et la fragilité des liens familiaux : les gestes ordinaires, les mots qu'on regrette, les sentiments qu'on tait… et tous ces instants qui deviennent, avec le temps, de précieux souvenirs.

🏆 Sélection officielle en compétition à Cannes 1987.
+
David di Donatello 1987 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur (Vittorio Gassman) et meilleur montage.
+ Six Rubans d'argent, dont meilleur réalisateur et meilleure actrice pour Fanny Ardant.
+ Nomination à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1988.

Passion d'amour (1981) d'Ettore Scola au Champo. Bernard Giraudeau, Valeria D'Obici et Laura Antonelli dans un mélodrame troublant sur le désir et la beauté.

PASSION D'AMOUR (1981)

Deux femmes, deux visages de l'amour. L'une incarne la beauté, l'autre la passion absolue. Et si le désir échappait à toute raison ?

Peut-on aimer ce qui nous effraie ?

Un mélodrame troublant sur le désir, la beauté et l'obsession, où Ettore Scola interroge les frontières entre amour, fascination et souffrance.

Italie, 1862. Giorgio, séduisant officier de cavalerie, vit une liaison passionnée avec Clara, une femme mariée. Muté dans une garnison isolée, il rencontre Fosca, une femme malade dont l'apparence suscite le rejet. Celle-ci développe pour lui une passion dévorante. Partagé entre l'amour sensuel qu'il porte à Clara et l'attachement de plus en plus troublant que lui inspire Fosca, Giorgio se retrouve entraîné dans une relation qui bouleverse ses certitudes.

Un film singulier, dérangeant et profondément romantique. Scola bouscule les conventions du mélodrame, explore les contradictions du désir et la cruauté des normes de beauté et nous entraîne dans un territoire où la beauté ne garantit pas l'amour, et où les sentiments peuvent devenir aussi puissants que douloureux.

🏆 Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1981.

Marcello Mastroianni et Massimo Troisi réunis dans Quelle heure est-il ? (1989), film d'Ettore Scola sur les relations père-fils.

SPLENDOR (1989)

Des premières émotions aux grandes passions, des éclats de rire aux larmes… Il y a toute une vie dans une salle de cinéma !

Le cinéma, c'est tellement plus que des films !

Une comédie tendre et lumineuse sur la magie des salles de cinéma, les rencontres qui changent une vie et le plaisir de partager des émotions sur grand écran.

Dans une petite ville italienne, le Splendor est bien plus qu'un cinéma : c'est un lieu de rencontres, de découvertes et de passions. Depuis des années, Jordan, son propriétaire, y partage son amour du septième art avec Chantal, la séduisante ouvreuse française, et Luigi, un projectionniste passionné.

Entre séances mémorables, histoires d'amour, amitiés et souvenirs hauts en couleur, leurs destins se confondent avec celui de cette salle mythique. Mais les temps changent et le Splendor doit faire face à un avenir incertain…

Un film pour retrouver tout ce qui fait la magie du cinéma : l'émotion d'une première séance, le plaisir de découvrir un chef-d'œuvre, les rencontres inattendues et les souvenirs qui nous accompagnent toute une vie.

Avec Marcello Mastroianni, Massimo Troisi et Marina Vlady, Ettore Scola compose un hommage plein d'humour, de tendresse et de nostalgie à ceux qui aiment le cinéma et à ceux qui le font vivre.

Un film qui nous ressemble et qui nous touche particulièrement ! Drôle, tendre et profondément attachant, Splendor célèbre ce plaisir incomparable de vivre ensemble des émotions dans une salle obscure. Une véritable déclaration d'amour au cinéma… à savourer au Champo, évidemment !

Des films, des passions, des rencontres… Et toujours une bonne raison de retourner au cinéma !

Marcello Mastroianni et Massimo Troisi réunis dans Quelle heure est-il ? (1989), film d'Ettore Scola sur les relations père-fils.

QUELLE HEURE EST-IL ? (1989)

Un père, un fils, deux caractères bien trempés… Et toute une journée pour se découvrir, se chamailler et peut-être se comprendre !

Entre père et fils, il y a tant de choses à partager…

Une comédie tendre et pleine d'humour sur les relations père-fils, portée par l'irrésistible duo Marcello Mastroianni et Massimo Troisi.

Marcello, avocat romain élégant et sûr de lui, vient passer une journée avec son fils Michele, qui effectue son service militaire dans une petite ville portuaire. Le père aimerait lui faire plaisir, partager ses expériences et lui offrir quelques conseils. Mais Michele, plus discret et indépendant, n'a pas forcément les mêmes envies ni la même vision de la vie.

Au fil de leurs promenades, de leurs conversations et de quelques savoureux malentendus, les deux hommes se découvrent, se taquinent et tentent de se rapprocher. Une journée ordinaire qui pourrait bien devenir un souvenir précieux.
 

Quel bonheur de retrouver deux immenses acteurs italiens réunis dans un magnifique duo. Marcello Mastroianni, charmeur, volubile et parfois maladroit, face à Massimo Troisi, tout en retenue, en finesse et en humour discret.

Ettore Scola transforme une simple journée entre un père et son fils en une délicieuse comédie de caractères, où les différences de génération deviennent autant d'occasions de sourire, de s'émouvoir et de se reconnaître.


Un petit bijou de tendresse et d'humour !
Deux acteurs merveilleux, des dialogues savoureux, des situations pleines de justesse… Ettore Scola nous offre un moment de cinéma aussi simple qu'attachant, où l'on prend autant de plaisir à observer les personnages qu'à partager leurs émotions.

🏆 Marcello Mastroianni et Massimo Troisi ont reçu ex æquo la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine à la Mostra de Venise 1989. Une récompense qui célèbre leur extraordinaire duo, véritable cœur du film.


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