
Ciné-club CINE-PSY
Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premières invitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.
Le ciné-club CINÉ-PSY propose un rendez-vous dominical associant la projection de films à l'analyse de professionnels de la santé mentale pour décoder la psyché humaine. Des films à découvrir ou à revoir, suivis d’une rencontre-débat pour croiser les regards et prolonger les questions soulevées par la projection.
Folie, violence, psychiatrie : qu’est-ce que le cinéma nous donne à voir ?
Vous n’avez pas envie de regarder, mais vous ne pouvez détourner les yeux ?
Fascinante, inquiétante, parfois insoutenable : la violence occupe une place particulière dans nos imaginaires. Et lorsqu’elle surgit à l’écran, elle est trop souvent associée à la folie, au trouble psychiatrique, à une figure de « malade dangereux ». Mais que nous disent réellement ces représentations sur la psychiatrie, et surtout de notre propre regard ?
De la figure du « fou » meurtrier aux violences de l’adolescence, du passage à l’acte d’un individu ordinaire aux mécanismes de groupe, de l’institution qui soigne à celle qui contraint, le cycle explore différentes formes de violence et les histoires que le cinéma construit autour d’elles.
Au fil des séances, le regard s’élargit : de ce qui se joue dans l’individu à ce que produisent le groupe, la société et les institutions, jusqu’à interroger la place du spectateur lui-même face aux images de violence.
À chaque étape, le cinéma sera mis en regard d’un éclairage issu de la psychiatrie pour distinguer ce qui relève de la réalité clinique, de la fiction, des représentations collectives et des choix de mise en scène. Car si le cinéma peut nous aider à comprendre la violence et la souffrance psychique, il peut aussi contribuer à en fabriquer les représentations.
Les prochains chapitres sont :
- Chapitre 1 - LA NAISSANCE DE LA VIOLENCE
- Chapitre 2 - LA VIOLENCE ORDINAIRE
- Chapitre 3 - CONTAGION À L'ÉCHELLE DU GROUPE
- Chapitre 4 - QUAND LA VIOLENCE SE RETOURNE CONTRE SOI
- Chapitre 5 - LE SPECTATEUR FACE A LA VIOLENCE

CHAPITRE 1 : LA NAISSANCE DE LA VIOLENCE
D’où vient la violence lorsqu’elle prend racine dans un individu ? Y a-t-il un terreau psychique propice à la voir éclore, comment se manifeste-t-elle, et comment le cinéma représente-t-il ceux qui la commettent ?
Pour cette première partie du ciné-club, trois films prenant pour point de départ des histoires singulières, en explorant les liens — réels ou fantasmés — entre violence, souffrance psychique, histoire personnelle, pulsion et crime. Il s’agit aussi de questionner l’imaginaire qui accompagne l’association commune entre troubles psychiques et dangerosité.
D’abord, entrons au plus près d’un esprit fragmenté avec Spider de David Cronenberg pour interroger non seulement les frontières entre psychose, perception du réel et passage à l’acte, mais aussi entre défense psychotique face au vide et reconstruction dans le réel.
Puis, faisons un face-à-face avec le Dr Lecter, monstre fascinant par excellence dont la dualité criminel/psychiatre est au coeur du Silence des agneaux de Jonathan Demme et exerce sur nous une étrange attraction.
Enfin, retour à l’adolescence, moment charnière de construction de soi où les expériences, les relations et l’environnement peuvent perturber le rapport au monde et devenir berceau de la violence, avec Bully de Larry Clark.
LES PREMIERS RENDEZ-VOUS, CHAPITRE 1 - LA NAISSANCE DE LA VIOLENCE :
📍 Dimanche 8 novembre 2026 : Spider, de David Cronenberg
📍 Dimanche 22 novembre 2026 : Le Silence des agneaux, de Jonathan Demme.
📍 Dimanche 6 décembre 2026 : Bully, de Larry Clark.
Séances à 11H. chaque projection sera suivie d’une rencontre-débat.

CINÉ-PSY : COMPRENDRE LA VIOLENCE : REGARDS SUR LE PASSAGE À L’ACTE
3 FILMS.
Comment le cinéma représente-t-il les chemins qui conduisent à la violence ? Avec Spider, Le Silence des agneaux et Bully, trois cinéastes nous placent face à des expériences très différentes : une mémoire qui brouille la réalité, une relation traversée par la manipulation, un groupe qui s’entraîne vers l’irréparable.
Trois films pour interroger le rapport à l’autre, la responsabilité et les mécanismes du passage à l’acte. Les rencontres permettront aussi de questionner les raccourcis du cinéma et de distinguer ses figures fascinantes ou inquiétantes de la réalité des troubles psychiques.

SPIDER de David Cronenberg — 2002
Dimanche 8 novembre 2026 à 11h
Dans le labyrinthe des souvenirs, à quelle réalité se fier ?
Après un long séjour en institution psychiatrique, un homme mysterieux et solitaire surnommé "Spider" rejoint un foyer de reinsertion proche du quartier de son enfance. Les lieux réveillent les souvenirs du meurtre de sa mère par son père qui commencent à le hanter, l'enfermant dans une toile mentale complexe. Tandis qu’il tente d’en reconstituer le déroulement, passé et présent s’entremêlent, et ses certitudes deviennent de plus en plus fragiles.
David Cronenberg construit un récit qui nous fait éprouver les hésitations et les failles de la perception et nous confronte à des souvenirs dont les contours se dérobent.
Porté par le jeu retenu de Ralph Fiennes, Spider nous invite à partager le point de vue d’un homme dont nous cherchons, avec lui, à déchiffrer l’histoire. Un film troublant sur la mémoire et la difficulté de se raconter à soi-même.
Présenté en compétition officielle à Cannes en 2002
Avec Ralph Fiennes, Miranda Richardson et Gabriel Byrne.
* interdiction aux moins de 12 ans.

LE SILENCE DES AGNEAUX (The Silence of the Lambs) — 1991
Dimanche 22 novembre 2026 à 11 h.
Pourquoi le monstre nous fascine-t-il ?
Alors qu’un tueur en série (Buffalo bill) enlève de jeunes femmes, Clarice Starling, jeune stagiaire du FBI, est envoyée auprès d’Hannibal Lecter, ancien psychiatre emprisonné pour des crimes meurtriers. Son intelligence pourrait faire progresser l’enquête. Mais Lecter impose les règles de l’échange : chaque indice se négocie contre une confidence de Clarice.
Derrière la traque policière, Jonathan Demme met en scène un affrontement où les mots et les regards deviennent des instruments de pouvoir. Face à Anthony Hopkins, Jodie Foster donne à Clarice une détermination et une sensibilité qui constituent le cœur du film. Un thriller à (re)découvrir pour sa mise en scène de l’écoute, de la peur et de la fascination.
5 oscars (les big five) : Meilleur film ; Meilleure réalisation (Jonathan Demme) ; Meilleur acteur (Anthony Hopkins) ; Meilleure actrice (Jodie Foster) ; Meilleur scénario adapté (Ted Tally, d’après le roman de Thomas Harris)
Avec Jodie Foster, Anthony Hopkins et Scott Glenn.
* interdit aux moins de 16 ans

BULLY de Larry Clark — 2001
Dimanche 6 décembre 2026 à 11H
Comment la violence devient-elle un projet collectif ?
Humiliations, domination, désir d’appartenance : Larry Clark observe les relations d’un groupe de jeunes jusqu’à la formation d’un projet meurtrier.
Inspiré d'un fait divers, le film suit un groupe d'adolescents en Floride qui, poussés à bout par les humiliations physiques et psychologiques constantes d'un des leurs (le "bully"), décident de planifier son assassinat.
En Floride, Marty subit depuis longtemps les humiliations et la brutalité de son ami Bobby. Autour de lui, plusieurs jeunes finissent par envisager de tuer celui qui les terrorise. Au fil de leurs conversations, le projet prend forme et le groupe s’engage dans une escalade dont chacun semble mesurer imparfaitement les conséquences.
Bully clôt le regard sur les trajectoires individuelles tout en ouvrant sur les mécanismes collectifs.
Avec Brad Renfro, Nick Stahl, Rachel Miner et Bijou Phillips.
* Interdit aux moins de 16 ans.
LES AFFICHES


