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Facade stylisée du cinéma Le Champo Paris V

AGARTE CINE-CLUB : ANATOMIE D'UN RÔLE

Un samedi par mois, le Champo et Agarte Studio vous invitent à regarder les films autrement : à travers le travail des acteurs.

Comment naît une interprétation ? Que raconte un corps avant même qu’un mot soit prononcé ? Comment un acteur utilise-t-il sa voix, son regard, l’immobilité ou le mouvement ? Et que change la présence de la caméra dans sa manière de jouer ?

L’Agarte Ciné-Club : Anatomie d'un role est né d’une envie simple : regarder les films à travers celles et ceux qui leur donnent corps. Derrière une interprétation qui nous bouleverse, nous inquiète ou nous fait rire, il y a un travail précis du regard, de la voix, du rythme, du corps et de la relation à la caméra.

À partir du film qui vient d’être vu et de ses interprètes, Antonio Ghiō propose une analyse concrète du jeu des acteurs : construction du personnage, présence physique, regard, voix, rythme, émotions, rapport aux partenaires, mais aussi relation au cadre, à la focale, au mouvement de caméra et au montage.
L’idée n’est pas seulement de savoir ce que joue l’acteur, mais de comprendre comment il le joue — et pourquoi cela fonctionne à l’écran.

Agarte Ciné-Club – Anatomy of a Role est un rendez-vous mensuel au Champo, consacré à l’art du jeu à l’écran. Chaque séance explore une émotion ou un territoire dramatique à travers un film choisi pour la force et la singularité de ses interprétations.


AGARTE CINE-CLUB: ANATOMY OF A ROLE

A monthly screening devoted to the art of screen acting.
Each edition explores an emotion or dramatic territory through a film and its performances. After the screening, acting coach and director Antonio Ghiō examines how a role is built through body, voice, movement, stillness, emotional precision and the actor's relationship with the camera.

* Film with French subtitles · Discussion in English.


Programme de septembre à décembre 2026

Chaque mois, une émotion ou un territoire de jeu

📍31 octobre — POSSESSION d'Andrzej Żuławski. Premier rendez-vous de ce ciné-club sur le thème : FEAR, s'ouvre avec la projection d’un film dans lequel les interprètes portent la terreur / la paranoïa / la métamorphose, souvent dans des espaces clos où c'est l'acteur, et non les effets, qui devient la source de l'effroi. 

Prochaines séances : 
📍 21 novembre — UN APRES MIDI DE CHIEN de Sidney Lumet.

📍 12 décembre — LA GARÇONNIÈRE  de Billy Wilder.


PRÉSENTATION DES FILMS

Image du film Possession d’Andrzej Żuławski avec Isabelle Adjani pour le  Agarte Ciné-Club du Champo - Anatomy of a Role

POSSESSION d’Andrzej Żuławski (1981) - VOSTF

Samedi 31 octobre — AGARTE CINÉ-CLUB : ANATOMY OF A ROLE — FEAR

Quand les mots ne suffisent plus, le corps prend le relais.
Un vertige cinématographique où la rupture amoureuse devient possession des corps, porté par l’une des interprétations les plus radicales d’Isabelle Adjani.

De retour à Berlin après une longue absence, Mark retrouve sa femme Anna, qui lui annonce brutalement qu’elle veut le quitter. Convaincu qu’elle lui cache une liaison, il cherche à comprendre. Mais à mesure qu’il tente de percer son secret, le couple bascule dans un monde où la jalousie, la peur, le désir et la perte de soi semblent abolir toute frontière entre réalité et cauchemar.

Avec Possession, Andrzej Żuławski transforme la rupture d’un couple en expérience physique et mentale. Dans un Berlin encore coupé en deux par le Mur, la mise en scène épouse la violence des sentiments : la caméra tourne, poursuit, enferme tandis que les corps semblent incapables de contenir ce qui les traverse.

ANATOMY OF A ROLE

🎬 Comment jouer la peur lorsqu’elle ne vient pas seulement de l’extérieur, mais semble naître à l’intérieur du personnage ?

Isabelle Adjani livre une interprétation d’une intensité exceptionnelle où le corps, le regard, la voix, les ruptures de rythme et les silences deviennent les instruments mêmes du récit. Face à elle, Sam Neill compose un personnage qui tente désespérément de garder le contrôle alors que tout lui échappe.

Comment rendre l’émotion presque physique : comment l’acteur construit-il une perte de contrôle sans perdre la précision du jeu ? Jusqu’où peut-il pousser son corps et sa voix ? Et comment la caméra transforme-t-elle cette performance ?

Une séance idéale pour découvrir — ou revoir — un film où le jeu des acteurs ne se contente pas d’exprimer la peur : il la fait naître devant nous.

Isabelle Adjani reçoit pour Possession le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1981.

Projection en VOSTF suivie d’une analyse et d’une discussion en anglais avec Antonio Ghiō, acting coach et directeur d’Agarte Studio. Les questions peuvent également être posées en français.

* film interdit aux moins de 16 ans
Al Pacino dans Un après-midi de chien de Sidney Lumet – Agarte Ciné-Club au Champo

UN APRÈS-MIDI DE CHIEN (Dog Day Afternoon) de Sidney Lumet

Samedi 21 novembre — AGARTE CINÉ-CLUB : ANATOMIE D'UN RÔLE

Un huis clos sous haute tension où Al Pacino transforme un braqueur dépassé par les événements en personnage tour à tour imprévisible, drôle, vulnérable et bouleversant.

Un braquage raté. Une banque assiégée. Une foule, des caméras — et un homme qui doit continuer à jouer alors que tout lui échappe.

Par un après-midi étouffant à Brooklyn, Sonny et Sal entrent dans une banque pour la braquer. Rien ne se déroule comme prévu : le coffre est presque vide, la police encercle rapidement le bâtiment et ce qui devait être une opération de quelques minutes se transforme en prise d’otages.

Mais dehors, la foule se rassemble et les caméras de télévision arrivent. Sous le regard de tous, Sonny devient peu à peu autre chose qu’un simple braqueur : négociateur, provocateur, vedette improvisée, homme amoureux et personnage public malgré lui.

Inspiré d’un fait divers réel, Un après-midi de chien transforme le film de braquage en huis clos électrique, drôle, tragique et profondément humain. Sidney Lumet observe ses personnages sans jamais les réduire à leur fonction dans le récit.

ANATOMY OF A ROLE

🎬 Chez Al Pacino, tout semble pouvoir basculer d’une seconde à l’autre : l’énergie devient panique, la colère devient humour, l’assurance laisse apparaître la peur ou la tendresse. Sonny parle, court, improvise, négocie — constamment exposé aux otages, aux policiers, à la foule et aux caméras.

Face à lui, John Cazale choisit presque le mouvement inverse. Son Sal parle peu, bouge peu, mais son immobilité et son regard suffisent à installer une tension permanente.

Deux manières radicalement différentes d’occuper l’écran.

Avec Antonio Ghiō, la séance permettra d’observer comment un acteur maintient une tension sur la durée, comment il transforme l’imprévu en jeu et comment le rythme, les silences, le corps et l’écoute des partenaires construisent un personnage sous pression.

Voir Un après-midi de chien sous cet angle, c’est aussi comprendre pourquoi un grand rôle ne naît pas seulement des dialogues : il se construit dans tout ce qui se passe entre les mots.

Le film a reçu six nominations aux Oscars, notamment pour Al Pacino, Sidney Lumet et le meilleur film, et a remporté l’Oscar du meilleur scénario original de Frank Pierson.

Jack Lemmon et Shirley MacLaine dans La Garçonnière de Billy Wilder – Agarte Ciné-Club au Champo

LA GARÇONNIÈRE (The Appartment) de Billy Wilder

Samedi 12 décembre — AGARTE CINÉ-CLUB : ANATOMIE D'UN RÔLE

Faire rire avec la solitude, émouvoir sans jamais appuyer : Jack Lemmon et Shirley MacLaine au sommet de l’art du jeu.

Une comédie aussi drôle que mélancolique où Jack Lemmon et Shirley MacLaine font de chaque hésitation, chaque silence et chaque regard une petite histoire à eux seuls.

C.C. Baxter est un modeste employé d’une immense compagnie d’assurances new-yorkaise. Pour accélérer sa carrière, il prête régulièrement son appartement à ses supérieurs afin qu’ils puissent y retrouver discrètement leurs maîtresses.

Le système fonctionne — jusqu’au jour où Baxter découvre que Fran Kubelik, la jeune femme dont il est amoureux, entretient une liaison avec son propre patron.

Sous l’apparence d’une brillante comédie romantique, Billy Wilder compose un film beaucoup plus trouble : une histoire de solitude, de compromis, de pouvoir et de dignité, où l’on rit souvent au moment même où les personnages sont le plus fragiles.

ANATOMY D'UN RÔLE

🎬 Jack Lemmon possède l’art rare de faire exister plusieurs émotions à la fois. Un sourire peut cacher une humiliation ; une maladresse devenir une défense ; une accélération comique laisser soudain apparaître la solitude de Baxter.

Face à lui, Shirley MacLaine travaille souvent dans un registre plus retenu : un regard, une hésitation, un changement presque imperceptible de ton suffisent à faire affleurer ce que Fran ne dit pas.

C’est précisément cette coexistence du comique et du tragique qui rend La Garçonnière passionnant à observer du point de vue de l’acteur.

Avec l'Agarte Ciné-club, nous pouvons regarder comment se construisent le rythme comique, l’écoute, les silences, la vulnérabilité et le sous-texte. Comment faire rire sans transformer un personnage en caricature ? Comment laisser apparaître une émotion sans la souligner ? Et comment deux acteurs aux énergies très différentes parviennent-ils à créer une telle complicité à l’écran ?

Une occasion de revoir un immense classique en déplaçant légèrement le regard : derrière la mécanique parfaite de Billy Wilder, observer tout ce que Jack Lemmon et Shirley MacLaine font passer sans jamais avoir besoin de l’expliquer.

La Garçonnière a remporté cinq Oscars, parmi lesquels meilleur film, meilleur réalisateur pour Billy Wilder et meilleur scénario original pour Wilder et I.A.L. Diamond.

Projection en VOSTF suivie d’une analyse et d’une discussion en anglais avec Antonio Ghiō, acting coach et directeur d’Agarte Studio. Les questions peuvent également être posées en français.

*** Programmation en cours pour les autres séances en 2027 ***


Affiche du film POSSESSION d'Andrzej Zulawski
Affiche du film LA GARCONNIERE de Billy Wilder au Champo - Agarte Ciné-club - Anatomie d'un Role