CAROL REED
LA PREUVE PAR 3


3 FILMS

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CAROL REED

 

L'énigmatique cinéaste, capable des plus belles fulgurances

 

au CHAMPO

 

à partir du 21 novembre

 

3 FILMS

 

1948 - PREMIÈRE DÉSILLUSION

 

1949 - LE TROISIÈME HOMME

 

1953 - L'HOMME DE BERLIN

 

 

 

CAROL REED

L’après-guerre va faire de Carol Reed l’un des cinéastes les plus prestigieux de la scène internationale, avec trois grands succès : Huit heures de sursis, Première désillusion et Le Troisième homme. Tous trois confrontent l’épreuve personnelle d’un homme à l’hostilité sociale qui fait vasciller les certitudes... Dans ce monde où s’effondrent les repères, Carol Reed tisse un univers plastique au noir et blanc tranchant, aux clair-obscurs ambigus et à la profondeur de champ oppressante. Le rêve d’évasion ne débouche que sur un avenir sans issue. Au cynisme qui menace ses protagonistes, il oppose le regard vulnérable de vibrants personnages féminins ou, mieux encore, la vision décalée de l’enfance, dans Première désillusion (le point de vue d’un jeune garçon sur la folie du monde adulte se retrouvera à plusieurs reprises chez Reed, notamment dans L’homme de Berlin, L’enfant et la licorne et Oliver).

La suite de sa carrière ne rencontrera pas les mêmes faveurs de la critique, ni du public. Elle contient pourtant de remarquables variations sur des thèmes qui lui sont chers, en particulier celui de l’anti-héros voué à l’errance et au déracinement. Trevor Howard gesticule et braille à l’envi dans une emphatique, mais passionnante adaptation du Banni des îles de Conrad (où brille aussi Ralph Richardson, étonnamment grimé en capitaine Lingard). James Mason, dans l’une de ses compositions les plus énigmatiques, est L’Homme de Berlin, film d’espionnage d’une glaçante inhumanité, dont l’issue est une version tragique du passage de frontière de Night Train to Munich. Alec Guinness, enfin, est le faux espion désenchanté d’une pochade misanthrope, Notre homme à la Havane, troisième collaboration du cinéaste avec l’écrivain et scénariste Graham Greene.

Tour à tour portée aux nues, puis dédaignée, son oeuvre restera comme un modèle d’intégrité traversée de précieuses fulgurances.

N.T. Binh

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